𝐃𝐚𝐤𝐚𝐫, 𝟐𝟓 𝐬𝐞𝐩𝐭𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞 𝟏𝟗𝟑𝟖 – 𝟏𝟕 𝐟é𝐯𝐫𝐢𝐞𝐫 𝟐𝟎𝟎𝟎 : Ces deux dates marquent la naissance et le départ d’une artiste hors norme, Isseu Niang, qui a marqué de son empreinte le paysage artistique sénégalais et africain. Polyvalente, visionnaire et passionnée, elle incarnait à elle seule un éventail de talents inégalé : danseuse, chanteuse, comédienne de théâtre et de cinéma, couturière autodidacte et secrétaire dactylographe de formation.
𝐋𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐩𝐚𝐬 𝐝’𝐮𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐝𝐢𝐠𝐞
Née à Dakar, Isseu Niang manifeste très tôt une passion débordante pour les arts. À seulement 13 ans, elle enflamme les cérémonies familiales de ses pas de danse et de ses interprétations chantées. Délaissant les bancs de l’école pour s’investir corps et âme dans sa passion, elle sacrifie sa scolarité en classe de CM2 pour se lancer dans une carrière artistique. « La vie est un champ très vaste, et l’on peut y cultiver beaucoup de choses », confiait-elle au Soleil en 1988, une philosophie qui l’a guidée tout au long de son parcours.
𝐔𝐧 𝐝𝐞𝐬𝐭𝐢𝐧 𝐟𝐨𝐫𝐠é 𝐩𝐚𝐫 𝐥’𝐚𝐮𝐝𝐚𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐞 𝐭𝐚𝐥𝐞𝐧𝐭
Guidée par Maurice Sonar Senghor, visionnaire et détecteur de talents, Isseu rejoint les prestigieux Ballets de Keïta Fodéba en Guinée en 1958. Ce passage lui permet de perfectionner son art et de découvrir les scènes internationales. En 1959, elle fait une entrée remarquée dans le cinéma mondial avec une apparition dans Ben Hur de William Wyler, tourné en Italie. Ce premier rôle est une expérience marquante, où elle impressionne jusqu’à Charlton Heston, qui souhaitait la retenir à Hollywood. Fidèle à ses racines, Isseu choisit de rentrer au Sénégal, animée par le désir de contribuer au rayonnement culturel de son pays.
𝐔𝐧𝐞 𝐜𝐚𝐫𝐫𝐢è𝐫𝐞 𝐚𝐫𝐭𝐢𝐬𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐥𝐢𝐟𝐢𝐪𝐮𝐞
De retour au Sénégal, Isseu Niang se consacre au théâtre et au cinéma, participant à la création de la troupe de la Fédération du Mali en 1960 et jouant sur les scènes les plus prestigieuses, comme celle du Théâtre Daniel Sorano. Dans les dramatiques historiques ou les grandes productions cinématographiques, elle incarne des personnages puissants et mémorables. Sa filmographie illustre son éclectisme et son talent : Le Mandat (1968) et Guelwar (1992) de Sembène Ousmane, Hyènes (1992) de Djibril Diop Mambéty, TGV (1997) de Moussa Touré, entre autres. Pour Isseu Niang, « Même à 100 ans, on a toujours un rôle à jouer. » Une vision qu’elle applique avec brio, jusqu’à ses derniers jours.
𝐔𝐧𝐞 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞 𝐚𝐮𝐱 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐟𝐚𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞𝐬
Isseu Niang ne se limitait pas à une seule discipline. Autodidacte en couture, elle confectionnait ses propres vêtements, traduisant sa créativité dans ses choix vestimentaires. Dactylographe accomplie, elle alliait art et pragmatisme, ayant suivi une formation rigoureuse à Dakar. Mariée au musicien emblématique Pape Seck Dagana, elle formait avec lui un duo d’artistes dont l’influence continue d’inspirer.
𝐋’𝐡é𝐫𝐢𝐭𝐚𝐠𝐞 𝐝’𝐮𝐧𝐞 é𝐭𝐨𝐢𝐥𝐞
Isseu Niang incarne l’artiste totale, une femme qui a bravé les conventions pour tracer sa propre voie. Elle laisse derrière elle un héritage culturel inestimable, célébrant le Sénégal à travers ses multiples contributions artistiques. Aujourd’hui encore, son nom résonne comme celui d’une pionnière, une femme qui a su prouver que les frontières entre les arts ne sont que des opportunités de briller davantage.
Sources:Cinema Sénégalais SI KANAM




