Abdou Malal Diop

Venu quelque peu tard à la politique, de son propre aveu, le ministre des Sénégalais de l’Extérieur, Abdou Malal Diop, était auparavant plus intéressé par la quête du savoir. Mon itinéraire politique n’est pas très compliqué. J’avais toujours cru aux études d’abord, parce que la plupart du temps quand vous êtes piqué par le virus de la politique, il vous est très difficile de continuer vos études. Or, moi j’ai été toujours été intéressé par les études, confie M. Diop. Docteur en Islamologie, le ministre des Sénégalais de l’Extérieur est également titulaire d’un diplôme de formation à distance de l’université du Québec et d’un duel 2 en anglais.

Membre du gouvernement, Abdou Malal Diop se définit essentiellement comme un ministre politique. C’est vrai que nous sommes ministres de la République, mais nous sommes aussi politiques (…), il peut y avoir des ministres issus de la société civile ou qui soient nommés es-qualité. Or nous, même si nous sommes nommés es-qualité, nous sommes également politiques, précise-t-il. Tout ceci pour dire que si la gestion d’un ministère est éminemment politique, c’est parce qu’il est fait pour mettre en place la vision de quelqu’un et cette vision obéit à une certaine politique.

Conseiller régional du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) à Matam avant de se voir attribuer la gestion du département des Sénégalais de l’Extérieur, Abdou Malal Diop, venu tard en politique, ne peut pourtant être considéré comme un militant de la 25-ème heure. Aussi paradoxal que cela puisse paraître. C’est-à-dire que j’ai milité au PDS lorsque j’étais étudiant vers les années 78, mais ce n’était pas un engagement conscient. Ce n’était pas une option militante, c’était plutôt un mouvement de réaction adopté par beaucoup de jeunes de l’époque, dans un contexte où le Parti socialiste était tout puissant. Après cette première parenthèse au PDS, il a ensuite conduit la liste départementale (Matam) de l’Union pour le renouveau démocratique (URD, majorité présidentielle) aux dernières élections législatives. Ensuite, tout s’enchaîne pour celui qui dit avoir été convaincu par le président de la République de façon telle qu’il est revenu pour réellement travailler à ses côtés, à 100 pour cent sous sa direction.

Ce retour aux sources s’est passé par une implication du militant qui se retrouve dans les élections locales. Investi par le PDS, il deviendra conseiller régional en charge de la commission de la communication, après avoir occupé la commission des affaires juridiques. Après le remaniement intervenu en août 2003, M. Diop va entrer au gouvernement pour occuper le portefeuille des Sénégalais de l’Extérieur. Depuis, le ministre politique travaille au retour de l’unité du PDS à Matam en même temps qu’il s’essaie à redonner une nouvelle dimension à la politique du gouvernement à l’endroit des Sénégalais de l’extérieur. Parallèlement à ses responsabilités ministérielles, M. Diop prépare une thèse d’Etat d’Histoire consacrée à Cheikh Moussa Camara, qu’il qualifie de plus grand intellectuel arabophone de la sous-région. Auteur de plus de 40 ouvrages dans différents domaines du savoir, Cheikh Moussa Camara dont l’œuvre est enseignée à l’université de Dakar, représente, selon une certaine opinion, les 20 pour cent de la pensée arabe au Sénégal.

Suivant cette perspective, le ministre des Sénégalais de l’Extérieur en arrive à diviser le Sénégal en trois modes de pensée différentes, mais probablement complémentaires: la pensée francophone, la pensée traditionnelle et la pensée arabophone. C’est comme cela que la société sénégalaise devrait être comprise. C’est pourquoi les gens sont divisés en trois catégories en terme de culture et de pensée, chacun pense par le canal de sa formation scientifique, a-t-il commenté. A partir de cette perspective intellectuelle, Abdou Malal Diop estime que si notre développement reste difficile à réaliser, c’est parce que les gens ne réfléchissent pas dans une même direction. Vous allez aux Etats-Unis, tout le monde pense en anglais, donc ça va vite. Vous allez en France, tout le monde pense en français. Donc, on approfondit les recherches, mais nous, il y a une fragmentation de la pensée, ce qui fait qu’on avance pas trop, regrette le ministre. BK/MIS/CTN

 

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