Awa Marie Coll Seck

Le professeur Awa Marie Coll, épouse Seck, née le 1er mai 1951, est une médecin et femme politique sénégalaise. Chercheuse, en particulier sur le SIDA auquel elle a consacré de nombreuses publications, elle a été responsable de département à l’ONUSIDA à Genève de 1996 à 2001. Entre 2001 et 2003 et de 2012 à 2017, elle a été ministre de la Santé du Sénégal. Depuis le 11 septembre 2017, elle est ministre d’État auprès du président de la République du Sénégal. Elle est mariée et mère de quatre enfants.

À la fin de ses études de médecine, elle réussit un concours d’internat des hôpitaux de Dakar en 1975 et obtient son doctorat en médecine en 1978. En 1979-1980, elle passe une année au service de réanimation des maladies infectieuses de l’hôpital de la Croix-Rousse de Lyon en qualité d’assistante à titre étranger. De retour au Sénégal, elle obtient respectivement en 1982 et 1984 ses diplômes de spécialisation en bactériologie – virologie et en maladies infectieuses et tropicales à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. De 1982 à 1988, elle suit de nombreuses formations en méthodologie de la recherche et en pédagogie à Dakar, Libreville et Bordeaux. En 1984, à 33 ans, elle est la première femme agrégée de médecine au Sénégal et devient ainsi l’une des pionnières en Afrique francophone. En 1987, le cours d’épidémiologie appliquée et bio-statique, co-organisé par la fondation Mérieux et le CDC d’Atlanta qu’elle suit à Annecy, en France, lui permet de parfaire ses compétences dans ce domaine et d’être membre de l’Association des épidémiologistes de terrain.

En 1989, elle est nommée professeur titulaire de la chaire de maladies infectieuses à l’université de Dakar et chef du service des maladies infectieuses au centre hospitalier universitaire de Fann (Dakar). De 1989 à 1996, elle est responsable du groupe clinique-counseling du Comité national de lutte contre le sida (CNLS). À ce titre, elle coordonne les activités de prise en charge médicales et psychosociales des malades du sida, dont elle a diagnostiqué le premier cas au Sénégal en 1986, ainsi que la formation des personnels de la santé et de l’action sociale en matériel de MST/sida. Pendant cette période, elle est également membre du comité directeur du programme de lutte contre le paludisme du Sénégal (1994-1996) et membre de l’équipe-pays de l’OMS Sénégal (1993-1994).

L’itinéraire professionnel d’Awa Marie Coll-Seck inclut les Nations unies, où elle a servi de 1996 à 2001 au sein du programme conjoint des Nations unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) : d’abord en qualité de directrice du département d’appui aux pays. Elle y a supervisé une équipe d’experts internationaux de haut niveau, chargés d’élaborer les politiques et stratégies dans les domaines techniques, éthiques et des droits de l’homme avec un accent particulier sur les groupes vulnérables, d’améliorer l’accès au traitement notamment aux antirétroviraux, de documenter et diffuser les meilleurs pratiques et de renforcer les capacités des pays.

Elle est membre fondateur ou membre de bureau de plusieurs associations et réseaux internationaux parmi lesquels : la Société internationale de pathologie infectieuses, le Réseau africain de recherche en santé de la reproduction (The Population Council), l’organisation pan-africaine de lutte contre le sida (OPALS), le Réseau africain de recherche sur le sida, le Réseau africain « Éthique, droit et VIH » (PNUD) et la Society for Women and AIDS in Africa (SWAA). Elle a effectué de nombreuses consultations à la demande de différentes organisations internationales. Elle a été membre de l’équipe de l’OMS, chargée d’élaborer le document sur « Santé et développement » en décembre 1993 et de l’équipe d’évaluation du Global Program on AIDS (GPA) en 1992-1993. Elle a co-présidé le trac B (clinique) du comité préparatoire de la 10e conférence internationale sur le sida de Vancouver (Canada) de mai 1995 à juillet 1996. Elle a été également responsable de projets de recherche sur le sida en collaboration notamment avec l’agence nationale de recherche sur le SIDA en France (ANRS), l’Institut Harvard, l’université de Seattle, le NIH, les laboratoires pharmaceutiques ou le PNUD.

D’autres thèmes de santé publique comme la vaccination contre la rougeole et la coqueluche, l’hépatite B, le tétanos, les méningites ou la tuberculose font partie de ses domaines de recherche. Elle compte une bibliographie riche de plus de 150 publications.

Elle a été rappelée au Sénégal par le président de la République en mai 2001 pour occuper au sein du gouvernement, ministre de la Santé et de la Prévention. Grâce à son action, de grandes avancées ont été réalisées dans le secteur de la santé et l’on peut mettre à son actif plusieurs acquis dans ces domaines aussi variés que les réformes institutionnelles, la réforme hospitalière, le programme élargi de vaccination, la lutte contre le paludisme, le sida, les maladies non transmissibles, la santé des personnes du troisième âge, la motivation du personnel, la gestion financière, la contractualisation et les relations avec les partenaires.

Macky Sall, qui lui reproche son manque d’implication dans les élections législatives sénégalaises de 2017 et la difficile acquisition d’appareils de radiographie, ne la reconduit pas à son poste de ministre de la Santé dans le deuxième gouvernement Dionne du 7 septembre 2017. Elle devient en revanche ministre d’État auprès du président de la République.

Elle est membre depuis peu du conseil d’administration de l’Initiative internationale pour les vaccins (International AIDS Vaccine Initiative, IAVI).

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