Début d’un conflit dans la région de la Casamance, au Sénégal

La répression qui fait suite à une manifestation d’indépendantistes à Ziguinchor, dans la région sénégalaise de la Casamance, le 26 décembre 1982, attise le mécontentement contre les autorités. Cet incident marque le début d’un conflit long et sanglant, ponctué par quelques cessez-le-feu, qui se poursuivra au XXIe siècle.

La Casamance est une région située dans le sud du Sénégal, isolée du reste du pays par la Gambie, ce qui contribue à une certaine distance face au pouvoir central. On y observe aussi des différences religieuses et ethniques, les Diolas constituant la majorité alors qu’ils ne représentent que 5% de la population du pays. Un regroupement sécessionniste, le Mouvement des forces démocratiques du Casamance (MFDC), voit le jour en 1947. Une de ses figures de proue est l’abbé Augustin Diamacoune Senghor. Le 26 décembre 1982, des membres du MFDC marchent pacifiquement à Ziguinchor, capitale régionale de la Basse-Casamance, avec l’intention de remplacer le drapeau sénégalais de la gouvernance par un drapeau blanc. Des violences éclatent et des arrestations, dont celle de Senghor, sont effectuées. Les motifs d’insatisfaction – faible représentation des Diolas dans l’administration publique, expropriation des terres, austérité économique, traitement inéquitable de Dakar, etc. – entretiennent les tensions qui dégénèrent en une altercation sanglante lors d’une autre démonstration populaire, le 18 décembre 1983. Des activistes du MFDC se radicalisent et un bras armé du MDFC, l’Atika, voit le jour. Une lutte de guérilla se poursuit au cours de la décennie. Elle prend une dimension régionale alors que les pays voisins, comme la Gambie ou la Guinée-Bissau, sont impliqués à différents niveaux dans le conflit. Un cessez-le-feu est signé le 31 mai 1991, mais les troubles reprendront. D’autres négociations ont lieu et d’autres ententes sont conclues, sans que l’indépendance soit accordée. Des divisions minent le MDFC et des actions violentes se poursuivent sur une base irrégulière. On estime au milieu des années 2010 que le conflit en Casamance aurait fait entre 3000 et 5000 morts et des dizaines de milliers de déplacés.

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