Des romans sénégalais pour mieux comprendre le Sénégal
Et si, pour mieux comprendre le Sénégal dans ses particularités, sa diversité on allait d’abord voir du côté de la littérature sénégalaise. Elle est une des plus riches d’Afrique. Nombre d’écrivaines et d’écrivains sénégalais ont su avec talent présenter de façon très juste, et très sensible, la vie quotidienne de ce pays de l’ouest africain. En les lisant, c’est la vie et la réalité d’un peuple que l’on découvre, ce sont des valeurs et des cultures profondément ancrées dans la vie sociale auxquelles on accède. Mieux, à travers les subjectivités singulières mises en scène par l’écrivain, ce sont des réflexions universelles qui s’expriment, un humanisme qui s’affirme : une véritable leçon de vie pour tout un chacun et spécialement pour les visiteurs étrangers soucieux de comprendre la réalité sénégalaise ! Lire des auteurs sénégalais, c’est assurément une manière d’enrichir notre vision du monde pour en finir avec les clichés rapides qu’on nous refile ! A l’horizon de ces lectures, il y a la possibilité de découvrir dans la profondeur du pays, une âme !
l’écharpe des jumelles
Résumé
L’empire du mensonge
Résumé
Les bouts de bois de Dieu
Résumé
Xala
Résumé
Le ventre de l’Atlantique
Résumé
Impossible de grandir
Résumé
Nouvelles du Sénégal
Résumé
La nuit est tombée sur Dakar
Sur la route de Ndande
SUR LA ROUTE DE NDANDE

Il fait très chaud en ce début d’après midi à Dakar. Je viens de quitter l’immense campus de l’université Cheikh Anta Diop où j’ai passé une partie de la matinée. Je m’apprête à rejoindre maintenant la commune de Ngor à 10km de là avec un mini bus très couleur locale: le fameux rapide jaune et bleu. C’est là, à Ngor, au bord de l’océan atlantique, juste en face l’île du même nom, que je réside.
Impossible de ne pas les voir à Dakar. Ces cars rapides sont partout. Anciennes camionnettes 1000Kg, bricolées, resoudées, décorées pour le transport public, ils sillonnent la ville et sa banlieue dans tous les sens et proposent une vingtaine de places assises, dont 3 à côté du chauffeur. 20 autres personnes debout peuvent encore s’y entasser . Au moment de fortes affluences il n’est pas rare que plus de 40 personnes s’entassent dans le véhicule dans un confort très précaire que régule un apprenti, debout sur le marche-pied arrière.
L’intérieur du petit bus est tapissé de photos de footballeurs, de chanteuses, de chanteurs, de chefs religieux, de messages issus du Coran, de lutteurs et tout cela dans un joyeux désordre sans souci aucun de cohérence au niveau du message. Il n’est ainsi pas rare de voir se cotoyer un portait de Madona et de Cheikh Amadou Bamba. Retapé, aux limites de la casse, ce petit bus fait l’affaire des milliers de sénégalais qui le prennent chaque jour entre 5h du matin et minuit.
Debout au fond du véhicule, agrippé au montant de la vitre, luttant contre les soubressauts de la camionnette, j’essaye tant bien que mal de me tenir debout. Un jeune se lève et me propose sa place. J’accepte. Assis à côté de moi, un sénégalais d’une quarantaine d’année engage la discussion: “il y a encore des jeunes respectueux des aînés, me dit-il”. Il m’apprend qu’il habite à Ndande, une petite bourgade à 150 km au nord de Dakar, juste en dessous de Sain Louis, au bord du Sahel. Il vient de réussir le concours de Normale Sup à Dakar et y poursuit actuellement ses études. Au rythme des arrêts et des redémarrages fréquents, dans un bruit de ferraille assourdissant nous filons vers nos destinations respectives. Lui, vers son école, moi vers mon hôtel quelques kilomètres plus loin. 10 minutes de trajet en commun nous suffisent pour nouer une relation sympathique que nous convenons de prolonger le soir à Ngore; parfaite illustration de ce qu’est la Téranga sénégalaise.
C’est au bar de l’hôtel où je loge que je retrouve Massaer accompagné de deux amis, l’un chargé de communication au Ministère de l’Education nationale du Sénégal, l’autre, une militante sénégalaise engagée dans la lutte pour l’égalité hommes/femmes ! La discussion tourne très vite autour de la jeunesse sénégalaise, du chômage endémique et de l’état déplorable du service public d’orientation scolaire et professionnel et de la crise que traverse le système éducatif Sénégalais. Grâce à Massaer et son ami, j’aurai l’occasion, comme ancien professionnel de l’orientation, de rencontrer un responsable de l’orientation du Ministère de l’Education nationale pour discuter ces questions.
Avant de nous séparer en fin de soirée, Massaer m’invite chez lui à Ndande et me propose d’assister à la fête du Gamou. J’accepte avec grand plaisir et me réjouis à l’idée de pouvoir passer quelques jours dans une famille sénégalaise.
Le même soir, je me renseige sur les bus pour rejoindre Ndande et prendrai quelques jours plus tard le bus rapide à la gare des baux maraîchers à la sortie de dakar, à Pikine.

Nous venons à peine de parcourir quelques kilomètres qu’une forte odeur de métal chauffé à blanc se répand dans le bus: les mâchoires de freins sont collées aux disques. le conducteur doit s’arrêter et utiliser une sorte de dégrippant pour désserrer les mâchoires. 1er arrêt lié à un problème technique. La réparation effectuée, le bus repart, mais après Thiès, à l’entrée d’un village, la barre de torsion rend l’âme ! 3h d’arrêt pour réparer sur le bas côté de la route.

Le bus vient de s’arrêter pour procèder à la réparation. Les passagers descendent du bus et sont aussitôt assaillis par des marchandes de mangues portant des seaux remplis de fruits aux couleurs éclatantes. Je me suis assis sur un morceau de bois qui sert de banc, à l’ombre d’une bâche dépliée sur le toit d’une boutique. J’attends, sereinement, sans impatience aucune. Dans ce genre de situation, en France, ce genre d’arrêt obligé m’aurait très certainement plongé dans une sorte de nervosité revendiquante que connaissent bien les passagers d’un train arrrêté en pleine voie. Etonnamment, ici, au bord de la nationale, à côté de ce vieux minibus aux limites de la casse, j’éprouve une sorte de joie diffuse suffisamment intense pour oublier que nous sommes en panne et que la réparation prendra beaucoup de temps. Ce long arrêt est l’occasion d’une pause que je mettrai à profit pour discuter avec les villageois et déambuler dans le village coupé en deux par la nationale qui relie Dakar à Saint Louis. Toute l’activité commerciale du village, en l’occurence la vente de mangues et de fruits est liée au trafic de cette voie de circulation.
Bref, je passerai là 3 belles heures avant que nous ne repartions pour Ndande où m’attend Massaer.
A Ndande,
Comme prévu, Massaer est là, à l’arrêt du bus. Il me souhaite la bienvenue.
“Alors, bon voyage ?”
“Oui, ça va, désolé pour le retard”…….
La nuit est tombée, il est 21h. Devant les quelques bars et boutiques alignés à proximité de l’arrêt du bus, des charettes à cheval attendent, d’autres s’enfoncent dans l’unique grand rue de sable du bourg. Un signe de la main au conducteur de la charrette et nous voilà en route, assis l’un et l’autre sur le rebord du plateau en bois de l’attelage. Nous nous dirigeons vers le domicile de Massaer. Il habite à l’extrêmité Est du village. Sur le seuil des échoppes, des groupes d’hommes discutent, boivent le thé. La route de sable est faiblement éclairée par quelques réverbères offerts il y a quelques années par une ville de la banlieue parisienne. A peine s’est on écarté de la nationale qu’on se trouve plongé dans une athmosphère fleurant bon les nuits étoilées du désert.
La maison de Massaer est une grande bâtisse moderne aux murs blancs, définitivement inachevée située en bordure du désert, pas loin du célèbre puits de Ndande. C’est une bâtisse aux murs épais, construite à l’européenne, entourée d’un mur lui aussi très épais. J’apprendrai qu’à Ndande vécurent au temps de la colonisation des français. D’anciennes maisons françaises sont là pour rappeler cette époque et l’urbanisme de Ndande. Dans la cour il y a un puits et un enclos où bêlent quelques chèvres.
A l’intérieur de la maison, des femmes, des enfants sont assis dans un grand couloir. Du pain, des carafes d’eau, des thermos de thé sont disposés sur une grande natte déroulée à même le sol. Le repas du soir est prêt. J’ai le privilège en tant qu’invité et toubab de le partager avec les femmes et les enfants.


C’est Babel, le fils de Massaer qui est chargé de me guider pendant mon séjour. Très investi dans cette mission, il va me faire découvrir le village. Il connait quantité de choses que j’écoute avec attention. Il me présente les enfants de la maisonnée, des frères, des cousins. Babel est le plus âgé. Il est scolarisé en 5ème au collège de Ndande : un collège/Lycée inauguré en 2015 en présence de l’ambassadeur de France.
NDANDE
Ndande est une commune du Sénégal située dans la région de Louga à 140 km au nord de Dakar, pas très loin de Saint Louis. C’est cette commune en projet, à la recherche de son identité, entre tradition et modernité que je vous propose de découvrir.
Riche d’une longue histoire liée au royaume du Cayor dont elle faisait partie jadis, Ndande a délibérément fait le choix de la modernité. Elle dispose d’un Lycée tout neuf, inauguré il y a deux ans. Construit par la diaspora de Ndande réunie autour de l’association Jokko Défar Ndande établie en France, il prépare les collégiens et les lycéens au baccalauréat. J’ai rencontré quelques jeunes qui rêvent de poursuivre leurs études en France et de suivre les traces de certains d’entre eux qui aujourd’hui étudient à Bordeaux, Montpellier…
Il y aurait beaucoup de choses à faire pour aider tous ces jeunes dans leur orientation et leur insertion professionnelle….
Un dispensaire, une case des enfants ont également été construits. Des associations existent pour faire vivre des projets. Tout cela témoigne d’un dynamisme et d’une volonté de s’ouvrir au monde moderne et de préparer l’avenir de la jeunesse et de la communauté rurale de Ndande.
Située dans la zone sahélienne du Sénégal, les habitants doivent composer avec la sècheresse. L’eau manque. Le puits de Ndande est sec.


Quelques photos prises à Ndande
LE SÉNÉGAL

Le Sénégal, le pays de la Téranga

Une mosaïque de situations
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Quand on arrive au Sénégal on est aussitôt embarqué dans un flot d’humanité fait de rires, de fulgurances verbales et de bonne humeur. L’accueil, l’hospitalité, l’entraide sont des valeurs très ancrées dans la culture sénégalaise. Un terme désigne cet état d’esprit: la Téranga. En wolof, cela veut dire hospitalité. La générosité et l’enthousiasme “officiels” que les sénégalais réservent aux touristes (les toubabs) méritent cependant d’être nuancés !
Au fond, il y a deux façons d’appréhender ce pays de l’ouest africain de 15.800.000 habitants.
La première consiste à le décrire et à en parler dans les termes positifs de l’éloge et de l’émerveillement : c’est typiquement la démarche “touristique” classique avec ce qu’elle contient de belles images, de rencontres fabuleuses, qu’on s’empresse dès son retour en France de transmettre à ses amis…. Cette vision romantique bien souvent forgée dans le cocon sécurisé et rassurant d’un voyage touristique acheté auprès d’un tour-opérateur est parfois un peu naïve ou quelque peu éloignée de la réalité.
Une deuxième façon d’aborder le pays consiste à rechercher, selon une démarche plus paradoxale, la “vérité” et la complexité du Sénégal dans sa confrontation à la modernité, à la mondialisation et dans sa difficulté à s’affranchir d’une histoire coloniale faite de drames, d’atrocités et d’humiliations…. J’ai été frappé dans les discussions avec des amis sénégalais par cette sorte de “ressassement mémoriel” et victimaire qui parfois les animait. Cette mémoire du malheur est encore très vive dans la représentation collective locale.
Tout se passe un peu comme si le Sénégal ne pouvait (ne voulait ?) ou n’arrivait pas à tourner la page des heures sombres du colonialisme ou qu’il en était empêché. Du coup, les rapports entre les “toubabs” et les sénégalais restent entâchés de ces réferences “colonialistes” et rendent parfois difficiles une relation “équilibrée”, débarassée des polémiques de l’Histoire. Vouloir découvrir le Sénégal, en comprendre l’évolution et la complexité exige qu’on ait conscience de cela tout en cherchant à ne pas réduire les relations sociales à ces repères négatifs. Sous la plume de Ousmane Sembene et d’autres on peut lire les dénonciations véhémentes du colonialisme et il faut les avoir en tête pour mieux comprendre la nature parfois biaisée d’une relation basée sur une dette anachronique dont nous serions encore aujourd’hui redevables. Il me semble qu’une relation “vraie” devient possible à partir de la conscience partagée de cette histoire. Ainsi va la Téranga : entre hospitalité et ressentiment, entre bienveillance et intéressement. Cela dit, l’accueil, l’hospitalité restent des valeurs fortes au Sénégal. Si dans les villes comme Dakar, ces valeurs paraissent s’estomper quelque peu, dans les villages que j’ai traversés, cette hospitalité légendaire ne s’est jamais démentie. Inscrite dans la tradition africaine, pratiquée avec générosité, l’hospitalité illustre au plus profond de la civilisation africaine une culture du vivre-ensemble et de la solidarité. Elle est la marque d’une heureuse convivialité qui permet au “toubab” d’éprouver autour d’un plat de thiéboudienne par exemple le plaisir intense d’une rencontre profondément humaine.
Et si, pour mieux comprendre le Sénégal dans ses particularités, sa diversité on allait d’abord voir du côté de la littérature sénégalaise. C’est en tout cas ce que je vous propose. Nombre d’écrivaines et d’écrivains sénégalais ont su avec talent présenter de façon très juste, voire anthropologique, la vie quotidienne de ce pays de l’ouest africain. En les lisant, c’est la vie d’un peuple que l’on découvre, ce sont des valeurs et des cultures profondément ancrées dans la vie sociale auxquelles on accède. Mieux, à travers les subjectivités singulières mises en scène par l’écrivain, ce sont des réflexions universelles qui s’expriment, un humanisme qui s’affirme : une véritable leçon de vie pour tout un chacun et spécialement pour les visiteurs étrangers soucieux de comprendre la réalité sénégalaise ! Lire des auteurs sénégalais, c’est accepter que notre vision du monde vacille, que les clichés qu’on nous propose s’écornent et qu’enfin, chemin faisant, fort de nos lectures, nous découvrions dans la profondeur du pays, une âme !

J’ai eu l’occasion d’aller au Sénégal à plusieurs reprises et à des moments différents; une première fois à la fin des années 70, une deuxième fois au début des années 2000 puis en 2016 et en 2017. Ce pays de l’Ouest africain mérite qu’on le découvre et le redécouvre encore. Terre de contrastes, lieu d’une vitalité bouillonnante, il faut le regarder droit dans les yeux, sentir ses humeurs, arpenter les ruelles de ses villes, de ses villages, fouler ses régions sompteuses… Aujourd’hui, alors que le Sénégal, dispose de nombreuses ressources, qu’il peut compter sur une jeunesse de mieux en mieux formée et diplômée, une question se pose cependant : comment avec autant d’atouts ne pas réussir à juguler cette vie de misère et de galère que connaissent nombre de sénégalais.


Une des caractéristiques du Sénégal, c’est sa jeunesse. Plus de ¾ de ses habitants ont plus de 35 ans, et les moins de 20 ans représentent 55% de la population. (Les plus de 60 ans ne représentent qu’environ 6% de la population).
Si la démographie écrasante de la jeunesse sénégalaise est un atout incontestable, son fort taux de chômage est un problème majeur. On peut également mentionner le désarroi culturel et identitaire de nombreux jeunes qui, sous l’influence massive des réseaux sociaux, d’internet et de la téléréalité recyclent leur âme et leur destin dans l’imaginaire leurrant des espaces virtuels et des fictions télévisuelles. Ballotés entre stratégie de survie, débrouille, résignation et espoir d’une vie meilleure, les jeunes sont particulièrement fragilisés par un chômage endémique en dépit des diplômes qu’ils sont de plus en plus nombreux à obtenir.
Le Village de Ngor, à la périphérie de Dakar

La Mosquée de Ngor

local de l’association lilloise à Ngor
A 10 km du centre de Dakar, dans une petite baie au bord de l’océan se trouve Ngor. Comme Yoff, Soumbédioune situés à quelques kilomètres de là, Ngor est un village « lébou » formé de petites ruelles de sable qu’arpentent entre des murs de parpaings recouverts de peinture blanche et ocre quelques chèvres et quelques moutons. Ici, il n’y a pas de voiture, pas de route, pas d’asphalte, pas de touriste. Non, juste de quoi se croiser à pied entre 2 rangées de murs. Un village, un peu à l’écart de la plage et du bruit, où vivent encore, au rythme paisible des occupations quotidiennes, ses habitants. On peut tranquillement déambuler dans ses venelles et se laisser surprendre par les jeux des enfants qui courent entre les maisons.
Lorsque l’on quitte la commune pour rejoindre la route de l’aéroport on traverse une place bordée d’hôtels, de restaurants et d’immeubles en construction. L’ambiance est beaucoup moins sereine. Le week end, des centaines de personnes, de jeunes affluent ici pour rejoindre la plage toute proche.
Ngor, c’est le “territoire” des Lébous, une ethnie minoritaire aujourd’hui bousculée dans ses traditions et ses coutumes par les assauts répétés de la modernité technologique et culturelle. Les lébous constituent l’une des dernières communautés traditionnelles de la région du Cap Vert puisqu’ils arrivent encore, semble-t-il, à conserver leur originalité culturelle ainsi que leurs modes d’organisation sociale. Comme me l’expliqueront les habitants du village que je rencontrerai, l‘organisation sociale repose sur des structures traditionnelles ou pôles d’autorité, il s’agit principalement du conseil des anciens ou Mag gi Dekk, de celui des notables et de celui des jeunes (Ndaw Òï ou Freys). Le conseil des notables constitue cependant l’organe central de cette organisation dans le sens où il a compétence pour trancher sur toutes les questions qui peuvent de près ou de loin toucher la communauté. Composé du chef de village, de l’imam et des conseillers du chef de village ou Jàmburs (choisis parmi les membres du conseil des anciens), le conseil des notables a en effet, pour vocation de réfléchir et de se prononcer sur l’ensemble des questions touchant de prés ou de loin la communauté villageoise.
Les Freys, investis de missions de police, veillent à l’application des recommandations et décisions du conseil des notables. Aujourd’hui, cette communauté de pêcheurs s’accroche comme elle peut à ses traditions fondées sur l’entraide et la coopération et tente de préserver son mode de fonctionnement social. Les lébous de Ngor sont aujourd’hui aux prises avec un afflux massif de touristes et de résidents qui ne partagent guère leurs coutumes. De plus, la ville de Dakar grignote petit à petit leur terrain pour y construire des buildings et autres immeubles dédiés au tourisme et aux habitations résidentielles. La vie sociale en est évidemment profondément affectée !
L’Île de Gorée

Au large des côtes du Sénégal, en face de Dakar, Gorée est une des 19 communes de la capitale. Du XVe au XIXe siècle, cet endroit a été le plus grand centre de commerce d’esclaves de la côte africaine. Tour à tour sous domination portugaise, néerlandaise, anglaise et française, son architecture est caractérisée par le contraste entre les sombres quartiers des esclaves et les élégantes maisons des marchands d’esclaves. L’île de Gorée reste encore aujourd’hui un symbole de l’exploitation humaine et un sanctuaire pour la réconciliation.


La statue de deux sculpteurs et frères guadeloupéens offerte au maire de Gorée représente deux esclaves libérés, s’enlaçant; des restes de chaînes brisées entravant encore les poignets de l’homme, les mains levées vers le ciel.




1er mai 2016 à Dakar
Ce premier mai à Dakar, j’ai assisté à la célébration très colorée et bon enfant de la fête du travail.
Galerie photos
Direction Ndande, au bord du Sahel





















































