El Hadj Daouda Faye

Dakar, 4 juil (APS) – La nomination de El hadji Daouda Faye lundi au poste de ministre des Sports consacre l’avènement de l’homme du sport business si on fait référence au parcours de l’homme d’affaires devenu parlementaire après les élections législatives du 29 avril 2001. M. Faye a bâti sa fortune en réalisant des plus-values sur le rachat d’entreprises en difficulté comme l’a fait sous d’autres cieux, un certain Bernard Tapie, ancien président de l’Olympique de Marseille. Fils d’un employé d’une maison de commerce française, Daouda Faye, 61 ans (il est né le 12 mai 1944), a débuté sa carrière professionnelle comme instituteur dans sa ville natale de Kaolack avant de devenir surveillant général au Lycée Gaston Berger (actuel Valdiodio Ndiaye). Mais au bout de six ans, il met un terme à sa carrière d’enseignant pour poursuivre ses études en France où il commence à gagner de l’argent en travaillant parallèlement dans une société commerciale de Créteil en région parisienne.

A son retour en 1973, il est engagé par une grande société comme directeur commercial. C’est véritablement en 1978 qu’il lance ses propres affaires en rachetant la société Grand Viviers. Au même moment, il participe à hauteur de 50 pour cent au capital de la société de pêche Africamer qui battait de l’aile. Au bout de quelques années de gestion, il redresse la situation de Africamer qu’il revend avec une confortable plus-value. Il participe également en 1989 au capital de la société immobilière Scat-Urbam dont il conserve encore 15 pour cent du capital. Daouda Faye réalise beaucoup d’autres opérations d’achats ventes de sociétés au début des années 1990.

En 1992, il est tout naturellement choisi pour diriger le Comité d’organisation de la CAN 1992 qui se déroulait au Sénégal. Il dirige cette instance de main de maître avec à la clef de substantiels bénéfices, une première dans l’histoire de l’organisation des compétitions africaines. Si aucun grain de sable ne vient interrompre l’ascension de Daouda Faye jusque-là, l’homme a été pourtant sévèrement critiqué dans la gestion de la structure d’exception — comité national provisoire — mise sur pied après l’échec sportif de la CAN 1992. On lui a reproché d’avoir dirigé cette structure comme il le faisait de ses propres entreprises et, sa décision de se présenter contre Mawade Wade au comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), a fini de le mettre à dos une frange importante du mouvement sportif sénégalais. Celui-ci ne lui a pas pardonné la perte de ce poste tombé dans l’escarcelle de la Guinée en marge de la CAN 1994.

Son entrée dans le monde de la lutte en montant le combat Mohamed Ndao Tyson-Manga II, après un investissement de 60 millions de francs CFA en 1999, lui a occasionné de sérieuses inimitiés de la part de ceux qui avaient tenté en vain de mettre sur pied cette affiche du siècle. El hadji Daouda Faye obtenait très souvent ce qu’il voulait. Même dans un domaine comme la politique où il avait été qualifié de novice en 2001 quand il a été parachuté pour contrecarrer la toute puissance de l’Alliance des forces de progrès (AFP) à Kaolack. Toutefois ses méthodes de gestion faisaient rarement l’unanimité dans le secteur du sport où les changements rapides ne sont pas tout le temps apprécié. Pourtant Daouda Faye a à son actif l’érection d’un club de football dans la grande banlieue dakaroise, le Guédiawaye FC. Même s’il a fallu attendre l’ouverture de la première division du championnat national à 20 clubs pour que cette équipe soit promue, l’homme a mûri cette idée et l’a concrétisée.

Député libéral et ancien maire de Kaolack, Daouda Faye aura la lourde tâche de conduire le sport sénégalais. Pas seulement son football même si la qualification à la Coupe du monde 2006 reste encore une impérieuse nécessité, selon le mot de l’ancien ministre d’Etat, ministre des sports, Youssoupha Ndiaye. Comme pratiquant, El Hadji Daouda Faye est ceinture marron de judo. SD/ADC.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici