EL Hadj Abdou Aziz Sy (RTA)

6 mars 2022

Troisième khalif de la confrérie Tidjane, le nom d’El Hadji Abdou Aziz SY suscite jusqu’à présent, un émoi chez les sénégalais, toutes religions et confréries confondues. D’une humilité et d’une générosité sans limite, c’est avec perfection qu’il incarnait son surnom « Dabakh » (il est généreux).

ENFANCE

Fils de Seydil Hadji Malick SY et de Sokhna Safiétou NIANG, El Hadji Abdou Aziz naquit en 1904 à Tivaouane. Sa jeunesse et son enfance furent marquées par ses longues études religieuses. Il apprit le Coran et son exégèse, et entre autres, l’arabe, le soufisme, le droit islamique malikite, les relations humaines, la théologie,…

GRAND HOMME DE DIEU

Suite au rappel à Dieu de Khalifa Ababacar SY (le 25 mars 1957), suivi de celui d’El Hadji Mouhamadoul Mansour SY (29 mars 1957), -eutoutidjanneyi-El Hadji Abdoul Aziz SY fut institué troisième khalife de la Tidjaniyya.

Parler de cet homme de Dieu, c’est mettre un point d’honneur sur sa maitrise du savoir islamique et son immense connaissance dans plusieurs sciences. C’est dans ce sens qu’il voyagea dans plusieurs pays, comme en Arabie Saoudite, en France, aux États Unis, au Maroc, dans le but de partager son savoir, mais tout aussi en acquérir d’avantage. Érudit et fin lettré, son discours en 1965 à la Mecque, -eutoutidjanneyi-lors du congrès islamique, avait fini par émouvoir et impressionner plus d’un, par sa pertinence et sa maitrise de la langue arabe. En homme de convictions et véridique, il parlait et enseignait à la lettre, le Coran et la Sunnah, qui étaient ses références.

Grand commerçant et agriculteur, il excellait aussi dans le domaine du chant et de la poésie. En effet, El Hadji Abdoul Aziz SY était un poète d’une grande envergure. Ses écrits, et sa maitrise de la langue arabe, -eutoutidjanneyi-de même que son verbe, en font un poète dont le talent était incontestable. Il était tout aussi doté d’une très belle voix, dont il usait souvent pour louer le Seigneur, au grand bonheur des disciples.

CONCILIATEUR ET MISSIONAIRE POUR LA PAIX

El Hadji Abdoul Aziz SY, c’est aussi la promotion du dialogue islamo-chrétien, l’entente et la cordialité entre musulmans, entre confréries et entre ethnies. Il était un homme véridique, connu pour son grand sens de l’honneur, et aussi un défenseur de la vérité.

Apôtre de la paix, il en avait fait une philosophie, que ce soit entre les partis politiques en son temps, les confréries, toute personne, quel qu’était son appartenance. Et dans ce sens, il ne cessait de prôner le véridique aux disciples,-eutoutidjanneyi- aux autorités étatiques, et hommes politiques. Il avait aussi joué un rôle déterminant pour l’apaisement des tensions pendant le conflit en Casamance.

Son humilité, sa simplicité, et son sens du devoir, en font l’une des rares personnalités à faire l’unanimité, il était aimé par tous, musulmans ou non musulmans, Tidjane ou de confréries différentes. Il était, et est, un modèle pour toute personne qui vise à vivre dans l’harmonie d’un monde juste et équilibré, un monde d’amour et de spiritualité, un monde d’une parfaite communion avec Dieu. Cet homme de Dieu d’une dimension exceptionnelle, qui maitrise les sciences apparentes comme cachées, se définit pourtant, comme un simple disciple du Créateur. Il était un exemple vivant de la modestie incarnée.

Philanthrope, il aimait aider les pauvres et les faibles, dans une discrétion et une humilité dont on devrait s’inspirer par ces temps qui courent, où malheureusement les bienfaits se font de moins en moins sans intérêt. -eutoutidjanneyi- Sa bonté, sa générosité, sa grande sagesse, son sens de l’unité, son esprit de fraternité, de bon voisinage, sa courtoise envers les autres et son sens du respect mutuel,… faisient qu’on le surnomme à juste titre « Dabakh »

UNE VOIX QUI NE S’ETEINDRA JAMAIS

Mame Abdou, c’est le patriote accompli et à part entière, celui qui se mêlait chaque fois que besoin se faisait sentir, des affaires de la cité. Il était une référence, un médiateur des causes perdues, qui élevait souvent la voix pour défendre ceux qui n’en disposaient pas. Il était clairvoyant, et très à cheval sur son temps et sur tout ce qui touche au pays et au monde en général.-eutoutidjanneyi- Dans ses nombreuses sorties quand la situation l’imposait, il n’hésitait pas à parler par exemple, du rôle des députés, de la perte des valeurs, l’éducation, la justice, le pouvoir,…

Mame Abdou, c’est aussi cette voix douce et apaisante, ces paroles chaudes et réconfortantes, ces mot qui venaient d‘un cœur pour en atteindre d’autres, par centaines et milliers. Et pourtant, jusqu’à présent, après sa mort, en période de crise, on se remémore ses discours conciliants et qui ramènent à Dieu et à de meilleurs sentiments.

DISPARITION

Quarante ans à la tête du Khalifat, où il a marqué l’histoire du Sénégal, véritable régulateur social, El Hadji Abdoul Aziz SY rendit l’âme le 14 septembre 1997, plongeant le Sénégal dans une vive tristesse, que même la nature, ressentit ce jour-là. Il sera succédé par Serigne Mansour SY Borom Daara Dji. -eutoutidjanneyi-Il nous laisse cependant des œuvres et ses discours, qui nous apprennent toujours sur la vie et sur la religion. Mame Abdou, comme on l’aime à l’appeler affectueusement, a fini par gagner les cœurs, des plus petits aux plus grands, pour un Sénégal uni dans la diversité. Et c’est sans surprise qu’il faisait partie des chefs religieux les plus aimés.

« Borom 40 ans zéro fautes », ou peut-être, doit-on dire plus simplement, 93 ans sans fautes ; Mame Abdou, une référence pour nous tous.

Assane fils de Abdou Aziz SY GOSSAS

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