El Hadji Malick Sall du haut de ces 144 ans est un contemporain de Cheikh Omar Tall Al Foutiyou. Il est né à Saint Louis, son père s’appelle Birama Sall et sa mère Khadidiatou Sall. Son père lui a enseigné le Coran, mais son son grand frère denommé Ahmadou qui l’a aidé à poursuivre les études au rappel à Dieu de son paternel. Le parcours de l’homme de Dieu, renseigne nos sources, est atypique. Eduqué dans la pure tradition toucouleur et imbu de l’enseignement coranique, Mame Malick Sall a suivi les traces de ses grands parents qui, par les phénomènes migratoires, avaient fini par s’installer à Nganda Sall (17 kilomètres au sud de Louga). Selon un document réalisé par la famille, Mame Malick, ayant grandi et voulant s’approcher de ses grands-parents, a choisi de s’établir à Louga où il se consacra exclusivement à l’encadrement des enfants et à l’enseignement coranique. C’est d’ailleurs son site d’accueil qui abrite aujourd’hui l’une des mosquées les plus fréquentées de Louga.
Lorsque El Hadji Malick Sall arriva à Louga, il fût marié à une dame dénommée Rokhaya Marone habitant à Saint Louis. Serigne Malick Sall eut que deux petits fils, l’un s’appelait Ahmadou Sall et l’autre est le petit fils du Maître Seydi Hadji Malick Sy et le fils de Sokhna Oumou Khaïry Sall en l’occurrence le Maître Serigne Moustapha Sy Djamil. L’on raconte qu’à chaque fois que ce dernier venait auprès de son grand père El Hadji Malick Sall, celui ci le faisait réciter le Coran, car il était ébahi de la belle voix de son petit fils.
Lorsque le petit fils de El Hadji Malick Sall en l’occurrence Serigne Ahmadou Sall fût blessé lors de la guerre de 14-18 et décéda en 1921, El Hadji Malick Sall de faire une prédiction surprenante, il déclara à l’assemblée de l’enterrer à Dakar, et lorsqu’on lui demanda pourquoi, il répondit qu’il ne sera pas seul là-bas . C’est 20 après que sa prédiction fût comprise car un autre de ses petits fils en l’occurrence le Maître Seydi Moustapha Sy Djamil et sa fille Sokhna Oumou Khaïry Sall seront tous deux enterrés à Dakar.
L’on raconte que après avoir décentralisé l’Islam dans tout le Sénégal , le Maître Seydi Hadji Malick Sy s’est rendu à Louga. C’est là qu’il trouva El Hadji Malick Sall qui était un érudit hors pair après que le Maître lui même l’a testé dans les sciences Islamiques ésotériques comme exotériques. Après une profonde discussion, El Hadji Malick Sall accepta de s’allier aux côtés du Maître Seydi Hadji Malick Sy pour le triomphe de l’Islam malgré le fait qu’il était beaucoup plus âgé que le Maître. Le Maître Seydi Hadji Malick ordonna à ses disciples de clôturer sa maison. De toute la contrée du Njambur El Hadji Malick Sall en était le plus savant, l’on raconte même que c’est à cause de la haute stature intellectuelle de El Hadji Malick Sall que le Maître Seydi Hadji Malick Sy n’est pas resté à Louga pour ne pas que les profanes créent une rivalité inutile. L’on raconte aussi que tout homme s’approchant de lui en fumant une cigarette se faisait frapper par El Hadji Malick Sall parce qu’au retour du Jihad c’est Cheikh Omar Al Foutiyou qui lui dit : « Malick, tu as mon feu vert, tout homme que tu verras entrain de fumer je te donne le pouvoir de le frapper car cet acte est proscrit. »
Lorsque le commandant de cercle est mis au courant de l’interdiction de fumer décréter par El Hadji Malick Sall il le fit convoquer dans son bureau. El Hadji Malick Sall répondit favorablement à la convocation, arrivé au bureau du gouverneur ce dernier pour le narguer alluma sa pipe; mais lorsque El Hadji Malick Sall l’a giflé il reculé jusqu’au mur le plus éloigné de son bureau. Après cet acte héroïque, le commandant n’en revenait pas, il a demandé à tout le monde de laisser tranquille El Hadji Malick Sall et il demanda que quiconque l’aperçoit devrait fuir pour éviter de prendre des coups.
Sa fille Sokhna Oumou Khaïry Sall qui était marié au Maître Serigne Babacar Sy, récitait tout les matins le Coran en entier.
Le fils de ainé de Serigne Babacar Sy et de Sokhna Oumou Khaïry Sall est le très célèbre Maître Seydi Moustapha Djamil de Fass. L’on raconte même qu’à la naissance de ce dernier, Seydi Jamil attrapa le chapelet du Maître Seydi Hadji Malick Sy, et El Hadji Malick Sall en a profité pour dire au Maître : « Donné lui ce qu’il demande. » Fervent disciple tidiane, Mame Malick Sall avait des relations étroites avec toutes les sommités religieuses et a eu des rencontres régulières avec Cheikh Ahmadou Bamba lors de ses passages à Louga et Mame Cheikh Mbaye établi lui aussi à Louga.
Il fut l’un des premiers à organiser le Gamou en 1927 à Louga et qui était pour lui un grand moment de recueillement pour ses fidèles. Discret et effacé, l’homme de Dieu était un ascète, un soufi accompli dont les seules occupations étaient l’enseignement coranique et la prière dans la mosquée érigée par ses soins. C’est le 18 novembre 1938 que l’homme de Dieu a tiré sa révérence à Louga et repose dans un mausolée aménagé à côté de la mosquée, à l’intérieur de la maison familiale.
C’est son nom qui est donné au Lycée Malick Sall de Louga nqui a ouvert ses portes en octobre 1982, dont le premier proviseur fut le savant Mouride Serigne Sam Mbaye.
Sa fille aînée Sokhna Oumou Khaïry Sall a été enterrée à Rufisque à la demande du Maître Serigne Babacar Sy, récemment lorsque l’avancée de la mer a déterré la tombe de cette dernière, tout le Sénégal était consterné à l’idée de voir que son corps était intacte après plus de 30 ans sous terre. Un vrai miracle se produisit ce jour là à Rufisque.
Par Alphahim Mayoro




