GRANDE INTERVIEW : Amath Dansokho tacle Wade et la CREI, défend Karim et prophétise…

Sur la campagne agricole : « A mon retour au Palais, je parlerai au président »

« Je suis venu voir de visu ce qui se passe réellement. Ce que les paysans sont entrain de vivre. Ce que j’ai vu me rassure. C’est vrai que l’hivernage a tardé à s’installer, mais il y a déjà beaucoup d’herbe ce qui est bien. Et le Ministre de l’agriculture m’a rassuré, tout est réuni pour que la campagne soit réussie. Mais, il ne faut pas exclure qu’il y ait des soudures, qu’il n’y ait pas assez de mil, assez d’arachides, assez de maïs…, donc la famine menace ».

« Et sur cette question, le gouvernement à déjà pris des mesures. Mais, dans ces cas de figures il n’y a pas de précaution de trop, il faut envisager le soutien au paysan. J’ai entendu Wade qui veut donner des solutions. Mais, il oublie qu’en 2010, quand tout le monde parler de famine au Sénégal et dans la sous région, lui a dit non qu’il n’y avait pas de famine et qu’il n’allait pas demander de secours, parce qu’il n’avait pas encore vu de cadavres au bord des routes. Qu’elle leçon peut-il prétendre donner aujourd’hui au Gouvernement » ?

« C’est vrai que nous devons travailler et parer à toute éventualité. Le gouvernement à obligation de travailler, a obligation de rigueur. Il a l’obligation d’être parcimonieux dans les dépenses. Si on ne le fait pas, nous allons vers l’effondrement du Sénégal. A mon retour au Palais, je parlerai au président de ce que j’ai vu. Il faut que les choses remontent, on ne peut pas gouverner un pays en restant dans les bureaux ou en imaginant dans sa tête le bonheur des gens. Il faut descendre sur le terrain ».

Affaire Karim Wade : « je porterais plainte contre son père s’il lui arrive quelque chose »

C’est un Amath Dansokho visiblement très affecté par cette affaire qui s’est prononcé, en marge d’une rencontre avec ses militants, sur l’affaire Karim Wade « J’ai connu Karim alors qu’il était tout petit et je regrette qu’il en soit arrivé là. Mais, j’avais prévenu son père. J’ai même dis dans mes discours que je porterais plainte contre lui si quelque chose arrivait à Karim au bout de l’aventure dans laquelle, il l’avait embarqué. C’est Abdoulaye Wade qui a mis Karim dans cette situation. Il n’aurait pas dû être là-bas. Et je souhaite que la justice fasse son travail et qu’il retourne en liberté si les magistrats le jugent non coupable ».

La CREI : « Des opérateurs ont peur et gardent l’argent dans des caisses, dans des caves, dans des trous…(rire) »

Le Ministre d’Etat, M. Amath Dansokho est contre la CREI il l’a fait savoir lors d’une tournée à Koumpentoum.

« C’est une loi assez bizarre. C’est le supposé délinquant qui donne la preuve de la charge. Je considère qu’une telle loi est surtout dangereuse. Regarder par exemple, il y a des opérateurs honnêtes, privés aussi bien nationaux qu’étrangers ont peur d’investir. C’est ça le drame, moi c’est ce que je reproche à cette loi. Ce sont les conséquences inattendues. Mais le problème est que ça gèle les initiatives. Dés qu’on terminera avec ces procès en cours, en tout cas c’est mon souhait à moi, je propose qu’on la supprime et qu’on ne parle plus de ça. Il ya beaucoup de gens qui font leurs affaires de la manière la plus « régulière possible » et qui maintenant ont peur ».

« Dans un document fondamental de la Banque mondiale, il est clairement signifié que les operateurs nationaux ont peur d’être accusé d’enrichissement illicite et qui gardent l’argent dans des caisses, dans des caves, dans des trous…,(rire) au lieu de l’investir dans le pays et créer de la richesse et de l’emploi. Et dans ce document, il est dit que les investisseurs étrangers ne viendront, que quant les nationaux ont confiance à la politique du gouvernement. Mais, s’ils ont peur ils ne viendront jamais. Là ma position est très claire. Cela ne veut pas dire que je suis contre les poursuites. Il faut récupérer les milliards qui sont volés, c’est important. Mais avec des juridictions qui existent et qui sont compétentes ».

La crise universitaire : « Wade pense que les gens n’ont pas de mémoire

Face à des militants acquis à sa cause, le président d’honneur du PIT s’est prononcé sur la crise universitaire

« Ce qui s’est passé est inadmissible. Mais on ne doit pas utiliser cette situation pour déstabiliser le pays. C’est pour faire oublier la mort de l’étudiant Balla Gaye, que Wade a donné des bourses à tous les étudiants. Wade pense que les gens n’ont pas de mémoire. C’est clair que nous voulons une Université comme il y’a en partout dans le monde. Nous voulons une université où il y a de vrais étudiants. Mais il y a dans nos universités des étudiants businessmans, des étudiants qui vendent des chambres qui n’étudient pas, qui font là-bas 16 ans ».

« Ces gens là doivent quitter l’université. Pourquoi toute cette agitation autour de cette crise. Des gens qui donnent de l’argent à des individus qu’on prend dans la rue, qu’on amène à l’université pour casser on dit que ce sont des étudiants. Cela ne peut plus continuer. Ce n’est seulement pas l’affaire des intellectuels, ça vous regarde vous les parents. Nous voulons une véritable Université, où on étudie, où il y a pas de violences ».
Appel à la paix au Sénégal

« Il faut qu’on se mobilise tous pour la paix au Sénégal. Je le dis haut et fort. Nous sommes contre toute aventure. Nous sommes des gens lucides, les sénégalais sont justement connus pour leur lucidité. Nous avons tous les défauts du monde mais jusqu’ici nous avons été lucides. Il faut continuer à l’être par la Grâce de nos chefs religieux. Si je me déplace sans garde du corps, sans en informer la police, c’est parce que le Sénégal est un pays de paix ».

Traque des biens mal acquis

« Ce que nous avons fait dans ce pays, cela n’existe dans aucun pays en Afrique. Des détournements, il y en a partout dans le monde. Je ne dis pas que nous sommes des saints, mais je ne veux pas que les Sénégalais fassent ce que d’autres font. Dieu nous a tous crée humain, nous avons nos défauts. En France, il y a des détournements de deniers publics plus graves, mais personne ne peut s’opposer à ce que la justice fasse son travail et à ce qu’on fasse la lumière là-dessus. Sarkozy est poursuivi tous les jours, même Chirac a été traduit devant les tribunaux pour détournements ».

« Que ceux qui sont poursuivis au Sénégal, arrêtent de se jouer du peuple. Qui peut nier qu’ils n’ont pas pris d’argent, eux-mêmes ne le nient pas. Ils ne nient pas. Alors on veut faire la lumière là-dessus. Je ne suis partisan de répressions, de mettre des gens dans des prisons, mais on doit faire la lumière et c’est le tribunal qui doit faire la lumière. C’est comme ça dans le monde entier, aux Etats-Unis, en Chine, partout c’est comme ça. D’ailleurs en Chine on coupe des têtes. Qui est-ce que nous sommes nous Sénégalais, pour dire que chez nous ça ne se passera pas comme çà. Le gouvernement doit travailler à réduire considérablement la corruption qui gangrène la société ».

01/09/2014

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