Historique mouridisme

Le terme « mouride » dériverait du verbe irâda  يريد », vouloir), qui donne murīd (« مُريدْ »), « celui qui veut », « celui qui aspire »

Théologie et organisation interne

Le mouridisme a été fondé par Ahmadou Bamba (1853-1927), un innovateur soufi établi au Sénégal.

Ahmadou Bamba, dans un contexte où la colonisation avait provoqué un choc social et culturel important, se présente comme l’héritier spirituel du prophète (qotb ou « pôle de sainteté ») envoyé par Dieu tous les quatre cents ans et chargé de revivifier l’islam.

Pour réformer la société sénégalaise, Ahmadou Bamba prôna une théologie influencée par la secte Qadiriyya, à laquelle appartenait son maître, Sidiyya. Le mouridisme est ainsi considéré comme une branche de la Qadiriyya, même s’il a aussi été influencé par la Tijaniyya et l’œuvre de Al-Ghazali.

Sa doctrine repose sur quatre principes fondamentaux : la foi en Dieu, l’imitation du Prophète Mohammed, l’apprentissage du Coran et l’amour du travail. Les Mourides assimilent à l’islam des traditions propres au peuple wolof, ce qui est le cas de la sanctification du travail, ou encore leur attachement très fort aux notions d’entraide et de solidarité.

Chaque année, de nombreux mourides se rendent en visite pieuse (ziarra) dans leur ville sainte de Touba, au centre du Sénégal. Environ un million d’entre eux ont effectué le « pèlerinage » annuel, le Magal, en . Les plus orthodoxes des musulmans considèrent la dévotion extrême à Ahmadou Bamba et à sa lignée de successeurs comme de l’idolâtrie.

La confrérie est « organisée selon une structure décrite par certains comme féodale, elle est fondée sur l’obéissance totale à une autorité spirituelle, le khalife général, descendant en ligne directe du fondateur ».

Histoire du mouvement

Pendant le mois de Ramadan en 1883, Ahmadou Bamba réunit les enseignants et les élèves de l’école de Patar et leur dit : Le prophète m’est apparu pour me signifier que dorénavant, je devais éduquer les âmes par la volonté spirituelle et non point me limiter à l’enseignement pédagogique.

Beaucoup parmi les disciples décident de partir et d’autres choisisent de rester. Le but des disciples qui voulaient se rattacher à Ahmadou Bamba devait être la communion avec Dieu. Ils seront les Mourid Allah (Ceux qui aspirent à Allah).

Influence politique et économique

La confrérie des mourides est en expansion et possède une influence forte sur la vie politique du Sénégal. Son chef spirituel est consulté par les politiciens de tous bords.

Elhadji Falilou Mbacké, le deuxième calife, a ouvertement soutenu Léopold Sédar Senghor, de confession chrétienne, premier président du Sénégal indépendant. Serigne Abdoul Ahad Mbacké, troisième calife, a vigoureusement soutenu Abdou Diouf à la présidentielle de .

Aux plans économique et social, ils assurent logement, nourriture et apprentissage intellectuel — par l’enseignement coranique — à des enfants. Ils ont aussi des détracteurs, qui leur reprochent leurs irrigations, leurs cultures intensives, et leurs aides sociales.

Les califes mourides sont en général très influents non seulement parce qu’ils sont les guides spirituels d’environ 2 à 3 millions d’adeptes, mais aussi parce qu’ils sont de facto les chefs temporels de la ville de Touba, la capitale spirituelle des mourides, devenue peu à peu la deuxième ville du Sénégal du fait de son poids démographique et économique.

D’autres fils ou petit-fils d’Ahmadou Bamba ont été aussi influents que les califes, bien qu’ils n’aient pas accédé au califat, comme :

  • Ahmadou Mbacké Gaïndé Fatma, connu pour son engagement pour l’éducation et le développement socio-économique des masses, ainsi que par son influence auprès de dirigeants politiques africains engagés, il est décédé en 1978 ;
  • Mouhamadou Mourtada Mbacké, le « marabout de la diaspora », connu aussi pour avoir initié bénévolement de nombreuses structures scolaires à travers le Sénégal, il est décédé en 2004. Actuellement, son fils et successeur Serigne Mame Mor Mbacké est en train de perpétuer son œuvre en y ajoutant d’autres structures nouvelles mais conformes avec sa vision progressiste de la modernité. Avec lui le mouridisme traverse une phase importante au sein de la diaspora.

Serigne Saliou Mbacké était le plus grand producteur agricole du Sénégal. Il exploitait un domaine de 45 000 hectares, à Khelcom, un village de l’intérieur du pays.

 

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