Le secteur de la pêche regroupe trois branches d’activités : la pêche maritime, la pêche continentale et l’aquaculture. Toutefois, l’essentiel des activités porte sur la pêche maritime qui occupe une place prépondérante dans l’économie nationale.
En effet, la pêche maritime génère près de 600 000 emplois directs et indirects, pour des mises à terre de l’ordre de 380 000 tonnes en 2001 (contre 450 000 tonnes en 1997). Cette production est à l’actif de près de 60 000 pêcheurs embarqués dans 10 700 pirogues et 241 navires (78 UE).
La pêche artisanale, qui débarque plus de 80 pour cent des captures, assure 60 pour cent des besoins en matière première des entreprises exportatrices.
Les exportations sont de 115 240 tonnes de produits halieutiques pour une valeur commerciale de 247 millions de $EU en 2001.
Le secteur de la pêche représente 12% du PIB du secteur primaire et 2,5 pour cent du PIB total.
I – Stratégies et objectifs du secteur des pêches
Les orientations stratégiques fixées par le 9ème Plan de développement économique et social visent à «relever les revenus et le niveau de vie des populations tout en améliorant quantitativement et qualitativement la production». Dans ce cadre les objectifs spécifiques assignés au secteur des pêches sont:
- rendre le cadre réglementaire plus apte à promouvoir une compétition saine entre les différents acteurs et à favoriser le renforcement des investissements;
- développer l’initiative privée et accompagner les mutations dans le domaine de l’auto organisation en conformité avec une redéfinition nécessaire des missions de l’Etat du fait de sa stratégie de désengagement des secteurs de la production et de l’affirmation de son rôle dans les domaines de la mise aux normes des infrastructures de la valorisation des capacités humaines et de l’allègement du cadre institutionnel;
- adapter l’environnement financier aux besoins de diverses activités et favoriser l’amélioration de l’épargne nationale dans le respect de sa politique monétaire et des particularismes sectoriels;
- assurer une gestion saine des ressources de l’environnement pour un développement durable en définissant préalablement de nouvelles conditions d’accès aux ressources halieutiques, une plus grande transparence des allocations de droits, un renforcement des moyens de contrôle et de suivi prenant en compte l’ensemble des exigences d’une politique globale de sauvegarde de l’environnement marin et littoral.
Deux composantes essentielles en découlent:
- la gestion et le suivi de la ressource halieutique;
- le développement des activités du secteur.
Les axes stratégiques retenus intègrent des actions visant les points suivants:
- une meilleure préservation de la ressource halieutique et sa gestion rationnelle et durable;
- une analyse des insuffisances et une identification des filières les plus porteuses en vue de mener des actions permettant d’assurer une véritable relance du secteur;
- une meilleure compréhension des éléments clés qui sous-tendent le développement durable du secteur;
- une formation adaptée aux besoins de développement du secteur;
- un cadre institutionnel plus conforme au contexte de développement du secteur;
- une interprofession forte et représentative des différentes filières d’activités.
II -Système de gestion en vue
Les options choisies devant contribuer à un développement durable du secteur reflètent un souci de renforcement de l’efficacité, de la flexibilité et de la cohérence des actions structurelles. Ainsi, la priorité est donnée à:
– des mesures de gestion de la ressource: prônant une application des principes de précaution pour la gestion des ressources, fondée sur l’instauration d’un suivi régulier des ressources et un contrôle renforcé de l’effort de pêche;
– l’appui à la recherche halieutique: par le renforcement des liens avec les opérateurs de l’aménagement et du secteur ainsi que celui des moyens financiers dans des conditions propices à la pérennisation des budgets d’une recherche visant en priorité à l’amélioration des connaissances relatives à l’état et aux dynamiques des ressources halieutiques;
– l’appui à l’administration des pêches: au travers prioritairement d’un renforcement des moyens humains et matériels répondant aux besoins d’une surveillance maritime adaptée ainsi que d’un dispositif de suivi statistique plus performant ;
– la gestion intégrée des zones côtières: en relation avec les administrations et autres structures et programmes concernés et notamment le PNAE qui définit une stratégie adaptée à l’environnement littoral pour la prise en compte et la maîtrise du développement de l’ensemble des usages qui sont susceptibles d’affecter les qualités intrinsèques des ressources naturelles;
– les actions de soutien au développement des activités de pêche : reconnaissant au préalable que, compte tenu de la raréfaction des ressources halieutiques, la politique de développement de la pêche ne peut plus être axée sur l’augmentation des captures, mais sur une meilleure valorisation de la production, une promotion des produits et un environnement institutionnel plus favorable, ce développement se déclinera de la façon suivante :
– en pêche artisanale par : la réalisation d’infrastructures valorisant la production tout en améliorant les conditions de travail, d’hygiène et de qualité (quais de débarquement, aménagement de routes et pistes, aires de transformation, ….); l’amélioration des conditions de transformation et de commercialisation des produits (hygiène, qualité, réduction des pertes) ; l’amélioration des conditions de vie et de travail dans les centres de pêche (infrastructures sociales, sécurité en mer) ; l’amélioration des capacités organisationnelles des opérateurs économiques de la filière par un appui technique et financier des structures créées au sein de la profession ; la mise en place d’une politique commune de gestion des infrastructures de pêche (désengagement de l’Etat mais soutien conceptuel et opérationnel à des instances paritaires de gestion);
– en pêche industrielle par: l’amélioration de l’environnement de travail des entreprises de pêche ; l’encouragement à l’amélioration de la productivité et à la création de valeur ajoutée des produits à l’exportation (sans effort de pêche supplémentaire sur la ressource mais par adaptation de la capacité de traitement à la disponibilité réelle de la ressource) ; l’incitation à une meilleure diversification des produits (programmes de valorisation et d’innovation technologique) ; la poursuite de l’amélioration du niveau de traitement et de la qualité des produits.
– En aquaculture par: l’incitation au développement dans les zones à fort potentiel aquacole.
Les mesures et réformes visant au renforcement du cadre institutionnel: au travers du renforcement des capacités et des moyens d’action de l’administration des pêches ainsi que des différents acteurs du secteur grâce notamment à:
Pour l’administration des pêches: la mise en place d’un cadre législatif et réglementaire conforme au développement du secteur; à la recherche d’une plus grande efficience des services offerts par l’administration des pêches (évaluation de la performance des structures, suivi d’une restructuration interne tenant compte du nouveau type de rapport à établir entre l’Etat et ses partenaires); à la poursuite de la politique de libéralisation et de désengagement et de désengagement des structures marchandes; au renforcement des capacités de l’Observatoire Economique des Pêches en matière d’analyse technico-économique, de suivi et de gestion de l’interface entre l’administration des pêches et la profession.
Pour le secteur professionnel : l’encouragement de l’émergence de structures communes de concertation, notamment au sein d’une interprofession; la mise en place de financements adaptés aux activités de pêche artisanale et industrielle; l’assainissement du secteur pour garantir une meilleure synergie entre la production et les sociétés existantes.
Les actions visant au renforcement de la coopération: par une participation accrue dans le cadre des organismes régionaux et sous- régionaux, notamment au sein de la Commission Sous Régionale des Pêches (CRSP), pour ce qui concerne l’exploitation de stocks partagés, la mobilité de l’armement national et les accords en matière de pêche. La mise en œuvre des programmes conjoints en matière de recherche, de contrôle et de surveillance et d’harmonisation des politiques de pêche et d’exploitation des ressources dans l’un où l’autre des Etats sera favorisée.
-Institutions œuvrant dans le secteur des pêches
Le département des pêches est placé sous la responsabilité du Ministre de la Pêche qui dispose de pouvoirs étendus qui lui sont conférés par décret. Il dispose d’un cabinet avec des services rattachés. Ces services sont:
– le service de la communication: Ce service est chargé de la conception et de l’application de la politique de communication du département. Il est chargé du suivi des problèmes de communication et principalement de la circulation de l’information entre les différents services du ministère, de la liaison avec les usagers et enfin des relations avec les médias;
– le service de l’administration générale et de l’équipement (SAGE) : il est chargé de la préparation et de l’exécution du budget du Ministère.
– La Direction de l’Océanographie et des Pêches Maritimes (DOPM) devenue Direction des Pêches Maritimes (DPM) depuis juillet 2002, est chargée de mettre en œuvre le politiques définies par le Gouvernement dans le domaine de l’exploitation et de la gestion des ressources halieutiques. Dans ce cadre, la DPM est chargée entres autres de :
– L’élaboration et la révision des textes législatifs et réglementaires;
– L’identification, la programmation, le suivi et l’évaluation des projets;
– La collecte, le traitement et la diffusion des statistiques de pêche maritime;
– L’exécution des tâches réglementaires, dont le suivi des fichiers de licences de pêches, la formation de l’encadrement des pêcheurs;
– La mise en œuvre des programmes et projets.
Les principaux services qui constituent la DPM sont, au niveau central, la division pêche industrielle, la division pêche artisanale, le bureau de contrôle des produits halieutiques.
1) La Direction de la pêche continentale et de l’aquaculture (DPCA)
Cette Direction est une création nouvelle. Avant, sa fonction était dévolue au Ministère de l’Environnement. La Direction de la Pêche Continentale et de l’Aquaculture a été mise en place par décret n° 2000-833 du 16 octobre 2000. La Direction de la Pêche Continentale et de l’Aquaculture est chargée de la mise en œuvre de la politique définie en matière de pêche continentale et d’aquaculture.
Face à la surexploitation des ressources maritimes, il est en effet apparu nécessaire de développer la Pêche continentale et l’Aquaculture pour contribuer à diversifier et à améliorer la production annuelle de poissons, de crustacés, de mollusques et d’algues.
2) La Direction de la protection et de la surveillance des pêches (DPSP)
Cette structure est aussi une création récente qui résulte du Décret n° 2000-833 du 16 octobre 2000. La mission de la DPSP est d’assurer la protection et la surveillance de la Zone Economique Exclusive afin de veiller au respect de la réglementation en matière de pêche.
La DPSP est structurée en trois volets (administratif, opérationnel et scientifique) et des stations côtières. Il dispose de personnel permanent et d’observateurs contractuels.
3) La Cellule d’études et de planification
La Cellule d’études et de planification est une création nouvelle qui résulte de la fusion de l’observatoire économique des pêches et de la cellule d’appui au développement durable de la pêche. La CEP est chargée notamment:
– des études prospectives et stratégiques pour un développement durable de la pêche maritime, de l’aquaculture et de la pêche continentale;
– la coordination des actions de planification au sein du Développement, jouant ainsi le rôle d’interlocuteur des services compétents du Ministère de l’Economie et des Finances;
– du suivi et de l’évaluation des projets, programme et mesures;
– de l’organisation et la gestion des flux d’informations sur le secteur, les programmes et les projets.
4) Le Centre de perfectionnement, d’expérimentation et de vulgarisation de la pêche artisanale (CAEP)
Le CAEP est chargé de l’assistance, l’encadrement, la formation et l’information de tous les opérateurs de la pêche artisanale (pêcheurs, mareyeurs, transformatrices, etc…), ainsi que de l’expérimentation et la vulgarisation des techniques et technologies liées au développement de la pêche et du matériel de navigation.
A travers ces objectifs, le CAEP vise à atteindre les résultats suivants :
– l’accroissement de la performance des facteurs de production (embarcations et moteurs);
– l’amélioration de la qualité des produits à tous les niveaux (production, transformation et commercialisation).
L’augmentation de la production par l’introduction de nouvelles techniques visant à améliorer les performances et par la promotion de l’aquaculture.
5) La recherche
Le Centre de recherches océanographiques de Dakar-Thiaroye (CRODT) est chargé du suivi de la ressource et des systèmes d’exploitation. Il a aussi vocation à aider le Ministère de la Pêche dans l’appréciation scientifique et la formation des politiques et décisions en matière de pêche. Le CRODT est un service placé sous la tutelle du Ministère de l’agriculture. Son financement est cependant assuré en grande partie par le Ministère de la pêche. Il a fonctionné en 2001 avec un budget de 458 millions F CFA dont 200 millions F CFA provenaient du Ministère de la pêche.
6) Les institutions de formation
Le Centre national de formation des techniciens des pêches maritimes (CNFTPM) est chargé de la formation des techniciens et des techniciens supérieurs des pêches maritimes. Créé par décret n° 91-1349 décembre 1991, ce centre a succédé à l’école des agents techniques de l’océanographie et des pêches. Il a donc étendu sa vocation en s’ouvrant à d’autres niveaux de formation. La grande moins des cadres de catégorie B et inférieure du ministère est issue du centre.
7) Les institutions de financement
La Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (CNCAS) a été la principale institution de financement et à ce titre, a concentré l’essentiel des ressources mobilisées par l’Etat du Sénégal et destinées au financement des activités de la pêche artisanale. S’agissant du financement de la pêche industrielle, on peut citer les actions du Fonds de promotion économique (FPE). Ses interventions demeurent tout de même marginales.
Les structures de gestion paritaire :
Ces structures ont été consacrées par le Code de la Pêche élaboré en 1998. Il s’agit à titre principal du Conseil national consultatif des pêches maritimes (CNCPM) et des Conseils locaux de pêche artisanale qui théoriquement devront assumer d’importantes responsabilités notamment en matière d’aménagement des pêches.
8) Les organisations professionnelles
Leur développement et implication croissante dans la gestion des pêches a été le fait marquant de ces dernières années.
Dans le sous-secteur industriel, les organisations les plus en vue sont le Groupement des armateurs et industriels de la pêche maritime au Sénégal (GAIPES) et l’Union des pêcheurs et mareyeurs exportateurs du Sénégal (UPAMES).
Dans le sous-secteur artisanal, il s’agit de la Fédération nationale des groupements d’intérêt économique de pêcheurs (FENAGIE-PECHE), de la Fédération nationale des groupements d’intérêt économique de mareyeurs du Sénégal (FENAMS), du Collectif national des pêcheurs artisanaux du Sénégal (CNPS), de l’Union nationale des GIE de mareyeurs du Sénégal (UNAGIEMS). Ces structures bénéficient parfois d’une forte assistance financière de bailleurs de fonds étrangers.
9) Les institutions de coopération
A titre principal, on retiendra la commission sous-régionale des pêches (CSRP) a partir de laquelle des actions importantes en matière de gestion des pêches au plan sous régional sont menées (surveillance des pêches avec le programme UCOS).
10) La commission consultative d’attribution des licences de pêche
Elle joue un rôle important en matière de gestion des pêches au terme des dispositions prévues dans le code de la pêche ; elle examine les demandes de licences de pêche et donne un avis au Ministre qui seul à un pouvoir décisionnel. Sa transformation en commission délibérative est réclamée par les professionnels.
III -Cadre juridique et réglementaire de la pêche
– La Zone économique exclusive (ZEE)
Le 10 décembre 1982 a été ouverte à la signature, à Montego Bay, Jamaïque, la convention des Nations Unies sur le droit de la mer, aboutissement de plus de 14 années d’efforts auxquels avaient participé plus de 150 pays.
Cette convention qui comprend 320 articles et 9 annexes, régit tout ce qui a trait aux espaces marins, des les questions de délimitation à celles de maîtrise de l’environnement, en passant par la recherche scientifique, les activités économiques et commerciales, la technologie et le règlement des différents touchant aux problèmes de la mer.
La Convention permet l’établissement d’une mer territoriale dont la largeur maximale peut atteindre 12 miles marins et prévoit diverses méthodes pour déterminer les lignes de base et pour distinguer les eaux territoriales des eaux intérieures.
Au-delà des eaux territoriales, la Convention permet la création d’une Zone Economique Exclusive dont la largeur peut aller jusqu’à 200 miles marins et autorise l’état côtier à prétendre à certains droits dans la ZEE pour en tirer des avantages économiques, principalement des droits concernant la pêche et l’exploitation de ressources non biologiques.
– Le Code de la pêche et les dispositions réglementaires
Le droit des pêches maritimes du Sénégal a fait l’objet d’une refonte au milieu des années 1980. Ce travail a abouti en 1987 à l’adoption d’un ensemble complexe de textes de nature législative et réglementaire. La loi n° 87/27 du 18 août 1987 portant sur le Code de la pêche maritime, document juridique de référence, dont les décrets d’application ont reflété, avec une certaine exemplarité dans la sous région, à l’époque, les premières préoccupations en matière d’aménagement et de développement de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer des pays côtiers en développement.
Depuis lors, le cadre législatif et réglementaire de base qui régit l’exploitation des ressources vivantes dans la zone économique exclusive du Sénégal n’a subi aucune adaptation aux mutations et aux contraintes qui se sont présentées progressivement, à l’exception du décret portant sur l’application du Code de la Pêche maritime relatif aux zones de pêche, qui a été modifié en 1990 pour être compatible avec les nouveaux dispositifs du décret de 1990 relatif aux lignes de base.
La loi n° 87/27 du 18 août 1987 portant sur le code de la pêche maritime, qui a été un modèle dans la sous-région, est aujourd’hui dépassée par les changements et mutations intervenus dans le secteur de la pêche maritime durant ces dernières années. A l’échelle mondiale, le menaces sur les équilibres écologiques et la surexploitation des ressources halieutiques ont conduit à l’engagement des Etats à améliorer leurs politiques de gestion des ressources naturelles. Dans la sous-région, les Etats membres de la Commission Sous-Régionale des Pêches se sont engagés par des conventions à harmoniser certaines pratiques et règles en matière de gestion de ressources halieutiques en vue de mieux entreprendre des activités communes de gestion des stocks de poissons. Le Sénégal, pays membre de la Commission, n’a pas encore consacré ces pratiques et règles dans son droit malgré la surexploitation de ses stocks de démersaux et les menaces de surexploitation qui pèsent sur d’autres stocks.
Un comité de suivi des travaux de révision du droit des pêches a été constitué en 1995. Il a tenu sa première réunion le 1er février 1996 et a chargé des spécialistes du secteur des pêches et des juristes de préparer un projet de loi sur la pêche maritime au Sénégal, ainsi qu’un projet de décret portant sur le règlement général unique d’application de la loi sur la pêche maritime.
Un projet de texte a été préparé en 1997, se proposant de combler les lacunes et insuffisances qui caractérisent la loi n° 87-27 du 18 août 1987 portant sur le code de la pêche maritime.
Le processus de gestion et d’aménagement des pêches maritimes requiert une certaine flexibilité de la part des décideurs dans la mesure où les conditions biologiques, socio-économiques, politiques et technologiques qui gouvernent les activités de pêche évoluent souvent rapidement. Il convient ainsi de prévoir un cadre législatif permettant aux autorités administratives de réagir rapidement pour faire face efficacement aux changements incessants qui interviennent dans le secteur de la pêche maritime.
Pour bâtir une stratégie cohérente en matière de gestion des stocks de poissons, il est devenu indispensable d’introduire dans le droit sénégalais sous une forme législative les concepts modernes susceptibles de générer des mécanismes dont l’importance s’est affirmée dans les processus de décisions en matière de gestion des ressources. Il s’agit, notamment des plans d’aménagement des pêcheries, des organes de concertation entre l’administration et les professionnels de la pêche et de la coopération inter-étatique en matière de pêche. Les engagements pris par le Sénégal dans le cadre de la Commission Sous-Régionale des Pêches ont été également pris en compte dans le projet de loi.
IV -Système de gestion des pêches
Au titre de l’aménagement des pêches, la loi prévoit l’établissement de plans d’aménagement des pêcheries, sur une base annuelle ou pluriannuelle. Ces plans n’existent pas encore.
En 2000, les journées de concertation nationale ont permis l’élaboration d’une stratégie de développement durable des pêches et de l’aquaculture.
Il s’agit, entre autres, de:
– mettre en place un système d’aménagement et de gestion de la capacité de pêche à travers :
Ø la mise en place d’un système d’information sur la pêche et l’aquaculture;
Ø le renforcement du système de recherche océanographique et halieutique pour un suivi régulier des ressources, des pêcheries et de l’environnement marin;
Ø la mise en place d’un système de régulation de l’accès et d’allocation des droits de pêche;
Ø l’accroissement de l’efficacité du système de suivi, de contrôle et de surveillance des activités et des zones de pêche de la ZEE;
Ø Restaurer le patrimoine halieutique national dégradé;
Ø Prévenir les risques d’effondrement des stocks, de dégradation de l’environnement ainsi que de la biodiversité aquatique;
Ø Promouvoir une culture et des pratiques de pêche responsables;
Ø Protéger les ressources et l’environnement des zones côtières;
Ø Développer la communication et la concertation entre les acteurs du système de gestion et de décision ;
Ø Renforcer les capacités techniques et managériales des administrations et des professionnels de la pêche.
Quoique timide, des mesures visant une gestion durable des ressources sont envisagées:
– le gel des licences de pêche démersale;
– le repos biologique sur le poulpe (1er octobre 30 novembre – PDPC/1er mai au 30 juin-PPDP et PF/1er septembre au 31 octobre-PDPC) ;
– la réflexion sur les droits d’accès à la ressource (affiner les modalités de définition des concessions-validation-cahier des charges);
– les tentatives d’amélioration et d’harmonisation des statistiques entre la recherche et le développement;
– le renforcement de la surveillance;
– la promotion de la pêche responsable;
– la création des organes de concertation (CNCP, CL etc.);
– la concertation sur la réglementation en vue de sa réactualisation;
– l’expérimentation des récifs artificiels ;
– etc.
V -Investissements et subventions dans le secteur des pêches
Pour permettre aux acteurs de la filière d’exercer leurs activités dans les meilleures conditions, les aménagements proposés concernent :
- les infrastructures de débarquement;
- les superstructures de transformation;
- les dessertes des sites de pêche;
- l’alimentation en eau, électricité et une meilleure hygiène des sites de pêche.
Ce programme comprend l’équipement des 16 principaux sites de la côte de débarcadères couverts ou de jetées, et l’aménagement des zones de circulation et de parking pour les utilisateurs. La concertation avec l’interprofession est indispensable pour permettre des investissements judicieux.
Il conviendra de mesurer l’incidence du projet sur d’autres secteurs d’activité et d’apporter les réponses en concertation avec les autres ministères concernés.
La réalisation des travaux de l’ensemble des structures qui seront aménagées sera rétrocédé à l’interprofession qui en assumera la totale responsabilité.
Programme d’amélioration de la desserte des sites de pêche
Compte tenu des conditions climatiques caractéristiques du Sénégal, il est nécessaire de pouvoir transporter le produit rapidement vers les zones de traitement.
Le mauvais état des routes ralentit ou ne permet pas la bonne circulation des produits. La couverture des besoins alimentaires de la population de l’intérieur du pays est peu assurée. Les mareyeurs ne peuvent pas toujours accéder aux sites de débarquement. Une partie de la production est ainsi sous utilisée ou perdue.
Le transport est un facteur essentiel du bon exercice de la loi de l’offre et de la demande.
L’incidence des transports sur la qualité des produits, sur le volume des transactions et sur le prix du produit est déterminant.
Le programme consiste à désenclaver certains sites de production en remettant en état 155 km de routes et de pistes dans l’ensemble du pays.
Compte tenu, d’une part, de l’intérêt du programme pour le Ministère de la Pêche et, d’autre part, du fait que les routes relèvent de l’autorité du Ministère de l’Equipement, une cellule de concertation devrait être mise en place pour définir les lignes de financement à la charge de chaque ministère.
Des programmes d’électrification, d’alimentation en eau courante et d’assainissement des sites de production, l’électrification et l’alimentation en eau courante sont non seulement des éléments agissant sur le niveau de qualité mais constituent aussi une évolution indispensable aux conditions de vie et d’hygiène.
Sans eau ni électricité, l’équipement des sites de débarquement en chambres froides et en machines à glace n’est pas possible. La transformation traditionnelle s’exerce dans des conditions d’hygiène insuffisantes (poisson lavé avec de l’eau souillée). Ce programme a une incidence directe sur la qualité du produit débarqué et transformé.
Subventions dans le secteur des pêches
La subvention de l’Etat au développement du secteur des pêches se traduit par un ensemble de mesures directes et indirectes assignées aux différents opérateurs économiques de la filière: pêcheurs artisans, armateurs industriels, entreprises de traitement.
- Aides directes: détaxe du carburant, détaxe du matériel de pêche, politique de financement des activités, politique de mise aux normes, politique d’aménagement des sites de débarquement de la pêche artisanale.
- Mesures indirectes : le cadre réglementaire, le code des investissements.
Annexe
PRINCIPAUX SITES DE DEBARQUEMENT
LIEU : Karabane
ACCES : Mer et Fleuve REGION: Ziguinchor
MIGRATIONS :
Origine des immigrants : Guinée Bissau, Guinée Conakry , Mali
Saison d’immigration : Toute l’année
Destination des émigrants :
Saison d’émigration :
PECHE :
Types de pêche principaux : Palangre, Filet maillant dérivant de fond, Filet dormant
Principales espèces débarquement :Machoiron, Otolithe, Capitaine, Sole
Saison de Pêche : Toutes l’année
Lieux de débarquement : Karabane
Destination des produits : Transformation artisanale et autoconsommation
Nature des produits : Transformés : Guédj, Métorah
COMMENTAIRES :
Cette localité compte quatre campements dont les propriétaires sont originaires de Karabane. Il y a un hôtel à Karabane
LIEU : Ziguinchor
ACCES : Route bitumée REGION : Ziguinchor
MIGRATIONS :
Origine des immigrants : Saint-Louis, Mbour, Bassoul, Simal , Ngadior
Saison d’immigration : Juin à Octobre
Destination des émigrants : Campements saisonniers situés dans la mangrove entre Ziguinchor et l’embouchure
Saison d’émigration : Novembre à Mai
PECHE :
Types de pêche principaux : Filets maillant dérivants de fond et de surface, ligne glacière, Palangre, Senne de plage
Principales espèces débarquées : Brochet, DORADE Ethmalose , Mulet, Yeet, Carpe, Capitaine
Saison de pêche : Juin à Octobre
Lieux de débarquement : Port, boudodi, Poudrière, Pont Emile Badiane
Destination des Produits : Mareyage et Auto -consommation
COMMENTAIRES :
Débarquement à Ziguinchor de pirogues glacières pêchant en Guinée Bissau et présence d’une dizaine d’embarcations Nauticus travaillant pour le compte de l’usine Soséchal.
LIEU : Kafountine
ACCES : Route bitumée REGION : Ziguinchor
MIGRATIONS :
Origine des immigrants : Yenne, Saint-Louis, Saly , Nianing, Ngaparou, ZIGUINCHOR, Thionck-Essyl, Gambie
Saison d’immigration : Octobre à Mai
Destination des émigrants : Guinée-Bissau, Saloouloou,, Diogué
Saison d’émigration : Novembre à juin
PECHE :
Types de pêche principaux : Filet dormant, Senne tournante, Filets maillants dérivants de fond et de surface, Senne de plage
Principales espèces débarquées : Otolithe,Carangue, machoirron ? requin ? raie ? Etmalose ,Carpe blanche, Carpe rouge, Sole Mollisque
Saison de pêche : Novembre à Mai
Lieux de débarqement : Kafoutine plage et kafoutine bolong
Destination des produits : Mareyage et Transformation artisanale
Nature des produits transformées : Guédji Métorah, Tambadiang, Yeet, Touffa
COMMENTAIRES :
Des pêcheurs originaires de la Gambie utilisent des filets non réglementaires (avec de très petites mailles). Les réclamations faites au niveau de poste de contrôle de Kafoutine par les pêcheurs autochtones sont restées sans suite.
LIEU : Djifère
ACCES : Piste REGION : Fatick
MIGRATIONS :
Origine des immigration : Septembre à Avril
Destination des émigrants :
Saison d’émigrants :
PECHE :
Types de pêche principaux : Trémail ; ligne , seiche, Casier, à seiche, Senne de plage
Principales espèces débarquées : Seiche, Sole, Machoiron , Yeet, Raie, Chinchard, Carpe, blanche, Plexiglas
Saison de pêche : Mars , Avril
Lieux de débarquement : Djifère
Destination des produits : Mareyage, Transformation artisanale et Consommation locale
Nature des produits transformés : Yeet, Guédji, Tambadiang, Salé-sécheé
COMMENTAIRES :
Problèmes, posés par pêcheurs : existence des bateaux pirates, vols de matériels par les pêcheurs artisans.
LIEU : Joal
ACCES : Route bitumée REGION : Thiès
MIGRATIONS :
Types de pêche principaux : Filet dormant à sole, Trémail, ligne glacière, Senne tournante, Filet maillant encerclant , Palangre Ligne Rhinobatos, ligne poulpe, ligne poisson
Principales espèces débarquée : Sole, seiche, poulpe sardinelle courbine, chinchard, Carangue, Dorade, Pageot
Saison de pêche : toute l’année
Lieux de débarquement : Joal, Mbour, Djifère, Hann
Destination des produits : mareyage, transformation artisanale et consommation locale
Nature des produits transformés : kéthiakh guédji, yeet, méthorah, salé-séché
LIEU : Mbour
ACCES : Route bitumée REGION: Thiès
MIGRATIONS :
Origine des immigrants : Kayar, Niangal ,Saint-Louis, Toubab Dialaw, Guéréo, Diel Mbam, Rufisque
Saison d’immigration : Mai à Septembre
Destination des émigrants : Hann , Joal, Mauritanie, Gambie, Guéréo
Saison d’émigrant : Octobre à Avril
PECHE :
Types de pêche principaux : ligne poisson , ligne poulpe, filets dormants de fond et de surface, senne tournante
Principales espèces débarquées : sardinelle, badèche, mérou, dorade, poulpe, seiche, sole, chinchard
Saison de pêche : toute l’années
Lieux de débarquement : Mbour
Destination des produits : mareyage, transformation artisanale et consommation locale
Nature des produits transformés : Kéthiakh , Tambadiang, Yeet, Guédji
LIEU : Hann
ACCES : Route bitumée REGION : Dakar
MIGRATIONS :
Origine des immigrants : Saint Louis , Mbour , Yenne, Toubab Dialaw, Niangal
Saison d’immigration : Novembre à Mai
Destination des émigrants : Mbour
Saison d’émigrant : Septembre à Novembre
PECHE :
Types de pêche principaux : Senne tournante, ligne poisson, palangre, ligne glacière Epervier
Principales espèces débarquées : Mérou, pagre, pageot, grande Carangue, Dadinelle, Thonine Sar
Saison de pêche : toute l’année
Lieux de débarquement : Hann
Destination des produits :Mareyage, transformation artisanale et Consommation locale
Nature des produits transformées : Guédji, Kéthiakh, Tambadiang
LIEU : Soumbédioune
ACCES : Route bitumée REGION : Dakar
MIGRATIONS :
Origine des immigrants : Kayar, Saint-Louis ,Yoff, Rufisque
Saison d’immigration : Juin à Octobre
Destination des émigrants : Joal, Mbour
Saison d’émigrant : Janvier à juin
PECHE :
Types de pêche principaux :Ligne poisson , Filet dormant, senne de plage, Ligne glacière, Ligne poulpe, Palangre
Principales espèces débarquées : Dentex, Pagre, Sar, Pageot , Poulpe
Saison de pêche : toute l’année
Lieux de débarquement : Soumbédioune, Ouakam, Hann
Destination des produits : vent dans les usines, Consommation locale
Nature des produits transformées :
LIEU : Ouakam
ACCES : Route bitumée REGION : Dakar
MIGRATIONS :
Origine des immigration :
Saison d’immigration :
Destination des émigrants : Kayar, Mbour, Rufisque, Thiaroye
Saison d’émigration : Juin à Novembre
PECHE :
Types de pêche principaux : Ligne pousson, Filet dormant, Filet, maillant encerclant
Principales espèces débarquées : Sar, Poulpe , Cigale, Langouste, Dorade grise
Saison de pêche : Toute l’année
Lieux de débarquement : Ouakam, Soumbédioune
Nature des produits transformés : Guédji
LIEU : Ngor
ACCES : Route Bitumée REGION : Dakar
MIGRATIONS :
Origine des immigrants :
Saison d’immigration :
Destination des émigrants
Saison d ‘émigration :
PECHE :
Types de pêche principaux : Ligne poisson, Senne de plage
Principales espèces débarquées : Pagre, Poulpe, Thonine, Espadon, Coryphène, Sardinelle, Sar, Chinchard, Pageot
Saison de pêche Janvier à Avril
Lieux de débarquement : Ngor
Destination des produits : Mareyage, Transformation artisanale et Consommation locale
Nature des produits transformées : Guédji , Kéthiakh , Tambadiang
LIEU : Yoff
ACCES : Route bitumée REGION : Dakar
MIGRATIONS :
Origine des immigrants : Kayar , Saint-Louis , Mbour, Toubab Dialaw, Sendhou
Saison d’immigration : Novembre à Juillet
Destination des émigrants : Mbour , Saly , Thiaroye , Somone, Joal, Rufisque
Saison d ”émigration : Mai à Octobre
PECHE :
Types de pêche principaux : Line poisson, Filet dormant, Ligne traîne, Palangre, Senne tournante
Principales espèces débarquées : poulpe Pageot, Denté, Mérou, Pagre, Tile Zébré, Brotule, Sardinelle, Thonine
Saison de pêche : Janvier à Juin
Lieux de débarquement : Yoff
Destination des produits : Mareyage, Transformation artisanale et Consommation locale
Nature des produits transformées : Guédji
LIEU : Kayar
ACCES : Route bitumée REGION : Thiès
MIGRATIONS :
Origine des immigrants : Saint Louis , Fass-Boye, Dakar
Saison d’immigration : Octobre à Juin
Destination des émigrants : Yoff Soumbédioune, Mbour, Joal, Ngaparou
Saison d’émigration : Mai à Octobre
PECHE :
Types de pêche principaux : Ligne poisson senne tournante Filet dormant
Principales espèces débarquées : Sardinelle, Mérou , Rouget, Rascasse, Sole Poulpe, Coryphène, Courbine Dorade Espadon
Saison de pêche : Novembre à juin , juillet à Octobre
Lieux de débarquement : Kayar
Nature des produits transformés : Guédji , Tambadiang, Métorah, Salé, Séché, Kéthiakh
LIEU : Mboro MOIS
ACCES : Route bitumée REGION : Thiès
MIGRATIONS :
Origine des immigrants : Saint Louis
Saison d’immigration : Toute l’année
Destination des émigrants : Mauritanie
Saison d’émigration : Janvier à juin
PECHE :
Types de pêche principaux : Filet dormant , ligne poisson
Principales espèces Débarquées : Sole , requin
Saison de pêche : septembre à Décembre, Janvier à Mai
Lieux de débarquement : Mboro
Destination des produits : Mareyage à Dakar et Transformation artisanale
Nature des produits transformés : Guédji , salè, Séché
LIEU : Fass- Boye
ACCES : Route bitumée REGION : Thiès
MIGRATIONS :
Origine des immigrants :
Saison d’immigration :
Destination des émigrants : Kayar , Mbour, Joal , Mauritanie, Saint-Louis
Saison d’émigration : Décembre à Juin
PECHE :
Types de pêche principaux : Senne tournante, Filet dormant, Ligne Poisson Trémail
Principales espèces débarquées : Carpe blanche, Tassergal Sardinelle sole
Saison de pêche : Février à Mai
Lieux de débarquement : Fass Boye
Destination des produits : Mareyage et Transformation artisanale
Nature des produits transformés : Salé-Séché , Kéthiakh , Guédj
LIEU : Lompoul
ACCES : Piste latéritique REGION : Louga
MIGRATIONS :
Origine des immigrants : Saint-Louis , Diogo
Saison d’immigration : Toute l’année
Destination des émigrants
Saison d ‘émigration :
PECHE :
Types de pêche principaux : Filet dormant
Principales espèces débarquées : Requin, Machoiron, Sole, Capitaine
Saison de pêche : Mars à Juillet
Lieux de débarquement : Lompoul
Nature des produits transformés : Guédji, Salé- Séché
LIEU : Saint-Louis Région : Saint-Louis
ACCES : Route bitumée
MIGRATIONS :
Origine des immigrants : Kayar
Saison d’immigration : Juin à Août
Destination des émigrants : Kayar , Mbour, Mauritanie, Yoff Casamance
Saison d’émigration : Respectivement : Janvier à Juin ,Août à Octobre, Août à Mai , Janvier à Juin ,Juillet à Avril
PECHE :
Types de pêche principaux : Ligne poisson Ligne glacière, Senne tournante , Filet dormant, Filet maillant dérivant de surface, Casier
Principales espèces débarquées : pagre Mérou , Pageot, Sardinelle, Sole, Capitaine, Requin Raie, Langouste Seiche
Saison de pêche : Juin à Août , Novembre à Janvier
Lieux de débarquement : Saint-Louis
Destination des produits : Mareyage, Marché local, Consommation locale et Transformation artisanale
Nature des produits transformés : Guédji , Kétiakh, Salé-Séché, Tambadiang, Yeet
fao.org

