El Hadji Mamadou Moussa Ly, l’initiateur du Gamou au Fouta

El Hadji Mamadou Moussa LY, fils de Thierno Moussa Saïdou Ciré Ly et de Sokhna Mairam Dado, est né en 1887 à Fossé, près de Nioro du Sahel, en République du Mali.Son père, Thierno Moussa Saïdou Ciré Ly faisait partie des compagnons de Cheikh Oumar Foutiyou TALL, mais exerçait également une mission d’enseignement du Saint Coran au profit des populations et des nouveaux adeptes.Après la
disparition du Cheikh et à l’image de la plupart des combattants, Thierno Moussa Ciré Ly, prit le dur chemin du retour, vers le Fouta natal avec sa famille, dont le jeune Mamadou Moussa Ly. Mais il n’atteindra pas sa destination. Il succomba à Ndouloumadji Demmé des effets de la fatigue liée à ce long pénible voyage de retour.Armée de courage et
déterminée à arriver à destination, Sokhna Mairam Dado réussit avec le reste de la famille à atteindre Dara Halaybé, dans le département de Podor. Le jeune Moussa est
immédiatement mis à l’école coranique.
Après sa maîtrise du Coran, Mamadou Moussa LY entreprit une série de longues études auprès des plus grands maîtres et érudits du Fouta,
de Pire, de Mauritanie, du Mali. Pour sa formation il se rendit auprès du savant Thierno Amadou Diallo de Fatick, auprès de Chérif Moctar Aïdara de Kaye, il est parti jusqu’à la Mecque pour trouver Alpha Hachimou Tall.
Fort de cette formation solide dans le Coran et dans les sciences islamiques, il s’installa définitivement à Dara Halaybé qui devient ainsi un haut lieu de formation islamique attirant des apprenants de plus en plus nombreux.Partout dans le Fouta, l’évocation de Dara Halaybé l’un des centres religieux les plus imposants du Fouta, renvoie immédiatement à El Hadji Mamadou, considéré comme l’un des plus grands érudits et soufis de son époque.
Un jour le savant Thierno Mouhadji Hann du Fouta envoya El Hadji Mamadou Moussa Ly auprès du Maître Seydi Hadji Malick Sy pour obtenir des réponses à des questions qui concernaient la jurisprudence Islamique; c’est d’ailleurs l’unique fois où il rencontra le Maître. Arrivé à Tivaouane et après avoir rempli sa mission, le Maître Seydi Hadji Malick l’appela et lui demanda à 3 reprise d’organiser le Gamou au Fouta.
La première fois qu’El Hadji Mamadou Moussa est venu à Tivaouane c’est Thierno Seydou Nourou Tall qui l’y a conduis par surprise. Une fois là-bas, Thierno Seydou Nourou le présenta à l’ensemble des disciples de la cour du Maître Seydi Hadji Malick en leur disant : « Voici El Hadji Mamadou Moussa, je l’ai amené aujourd’hui devant vous pour que vous puissiez témoigner de sa sainteté. »
Thierno Saïdou Nourou Tall le reconnaitra comme son plus fidèle adepte et collaborateur.En plus du Gamou de Dara Halaybé qu’il a initié en 1906, sur recommandation du Maître Seydi Hadji Malick SY, 4 ans après que le Gamou de Tivaoune ait eu lieu pour la première fois en 1902.
Le Gamou de Dara Haleybé est l’un des événements religieux les plus importants de la sous région.
El Hadji Mamadou Moussa Ly se considérait comme humble disciple et très effacé devant ses guides, dont le principal était le Maître Seydi Hadji Malick et El Hadji Saidou Nourou Tall lui aussi disciple du Maître. El Hadji Seydou Nourou répétait à qui voulait l’entendre qu’El Hadji Mamadou Moussa LY était son disciple préféré. « O yoni kam almuudo » », disait-il.
El Hadji Mamadou Moussa Ly a « enseigné les caractéristiques d’un véritable disciple, caractéristiques qu’incarne son Khalif Thierno Hamidou Ly, un homme d’une grande dimension ».
El Hadji Mamadou Moussa a initié en 1947 le Gamou de « Halwar ». D’abord organisé à la rue 11X6 de la Médina, le Gamou de « Halwar » se tient actuellement sur le site du Mausolée de Thierno Saïdou Nourou TALL. El Hadji Mamadou Moussa Ly a été rappelé à Dieu en 1970 à Dara Halaybé et repose dans l’enceinte de la grande mosquée construite sur son initiative et inaugurée la même année. Suite à la disparition d’El Hadji Mamadou Moussa LY, son fils ainé Thierno Hamidou Ly devient son Khalife. Entouré de ses frères, Thierno Hamidou Ly continue de perpétuer l’œuvre gigantesque de son père, l’érudit, le soufi de Dara Halaybé.

Par Alphahim Mayoro

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