Les grands muets rompent le silence: Productions littéraires dans l’armée et des gendarmes

10/11/2018
 

La paix, la sécurité ou encore la défense sont souvent les sujets les plus traités par les militaires et les gendarmes. Les histoires d’amour aussi ontintéressé les hommes de tenue transformés souvent en romanciers.

Dans l’exercice de leurs activités, les militaires et les gendarmes trouvent quelque fois du temps pour partager avec les autres leurs expériences. Ce qui fait d’eux des écrivains traitant divers thèmes. Certains sont même devenus des romanciers plongeant les lecteurs dans d’autres sphères comme l’amour. Les plus célèbres sont les généraux Mamadou Niang et Mouhamadou Mansour Seck. L’ancien ministre de l’Intérieur sous le régime d’Abdoulaye Wade a publié en 2012 «Les Mémoires synchrones du fleuve de mon destin». C’est une tranche de vie que l’auteur retrace entre mémoires et essais. L’environnement culturel de son éducation, l’exercice du métier d’instituteur, le déroulement de sa carrière militaire, ses fonctions administratives et politiques, tout y passe. Tous ces développements sont accompagnés de notes de bas de page et d’annexes qui ajoutent à la densité historique. Ce livre de 362 pages paru il y a 16 ans a été préfacé par le Professeur Babacar Kanté. Un autre Général bien connu des sénégalais s’est aussi essayé à la rédaction. Il s’agit de Mouhamadou Mansour Seck qui a écrit : «Les nécessités d’une armée».

Selon l’auteur, les pays en développement, en plus de leur devoir d’être prêts à se défendre, trouvent dans l’Armée le symbole et le creuset de l’intégration nationale, mais aussi un outil de développement économique. L’auteur démontre que les nations se sont bâties sur les champs de bataille. Toutefois, le rôle de l’Armée dans un pays n’est pas de répandre la mort, mais de la prévenir et de participer à des travaux d’intérêt public. Comme celui de son collègue Mamadou Niang, son livre de 106 pages a été publié en 2012. A côté de ces deux généraux, d’autres militaires ont eu à produire des livres. C’est le cas du Colonel Mbaye Cissé, actuel commandant de la zone militaire nord qui a publié «Fodé Kaba 2 : des Jambars dans le vent». Contrairement aux deux autres auteurs, le Colonel Mbaye Cissé retrace les interventions sur le terrain des militaires sénégalais à travers l’une des nombreuses opérations menées par l’armée sénégalaise.

«JAMBAR LEGUI LEGUI»

Sur le cas de celle menée en Gambie, Mbaye Cissé parle du travail abattu dans ce pays après le coup d’Etat orchestré par Koukoy Samba Sagna qui retient en otage la famille du Président Daouda Keiraba Jawara en 1981. L’auteur retrace le déroulement de cette opération nommée Fodé Kaba II depuis la préparation jusqu’à l’entrée sur le territoire gambien, sans oublier les actions de combat héroïques qui mèneront au rétablissement de la légalité constitutionnelle. Ce livre de 142 pages paru en août 2015 a été préfacé par le Général Abdoulaye Fall. L’adjudant Moustapha Bâ s’est lui intéressé à d’autres Jambars. Son livre, «Les parachutistes sénégalais de la compagnie au bataillon: Jambars Légui légui» a été publié au mois de juillet 2017. «Jambar légui Légui» est un slogan qui identifie une unité d’élite pionnière des corps de troupe de l’Armée sénégalaise : le bataillon de parachutistes sénégalais. Cet ouvrage retrace l’historique, les traditions, les souvenirs, l’évolution des moyens de ce bataillon et rend surtout un hommage mérité à ces valeureux serviteurs qui ont bâti et forgé ce corps. «Politique et art militaire dans la pensée de Machiavel» est le titre de l’ouvrage du Colonel Mamadou Touré. Cette relecture de l’ouvrage de Machiavel annonce la manière dont la sécurité est vouée à prendre une place de plus en plus importante dans l’exercice du pouvoir moderne et contemporain. L’œuvre de Machiavel marque l’importance naissante de la sécurité du territoire, dans l’optique d’une clarification de la réforme militaire tout en restant pertinente pour l’Afrique contemporaine. C’est Souleymane Bachir Diagne qui a préfacé le livre de cet expert International en matière de paix, sécurité et développement qui a servi durant 25 ans dans l’Armée.

HISTOIRES D’AMOUR

A côté des militaires, il y a aussi des gendarmes qui se sont essayés à la littérature. C’est le cas de feu le Colonel Sidy Sady. Cet ouvrage préfacé par Samba Thiam est un outil de communication, et d’informations entre citoyens ou justiciables et les forces de sécurité ou autorités de poursuite. Son camarade gendarme, le Colonel Thiaka Thiaw, a suivi les pas des militaires en publiant une œuvre qui a pour titre, «La protection des infrastructures, ressources et activités d’importance vitale : Législation et pratique au Sénégal.» Cet ouvrage pose un jalon utile à la compréhension de cette question prioritaire de sécurité nationale et internationale. Selon lui, la sauvegarde des intérêts vitaux d’un pays s’exprime au quotidien dans le travail des composantes de l’État, garant au premier chef de la sécurité nationale, en rapport avec une pluralité d’acteurs du secteur privé et de divers partenaires internes et étrangers. Ce livre publié en octobre 2018 a été préfacé par le Général de brigade PaulNdiaye. Pendantlongtemps, le Colonel Abdoulaye Aziz Ndao a défrayé la chronique suite à la publication de son ouvrage dénommé «Pour l’honneur de la gendarmerie, Tomes 1 et 2 : la mise à mort d’un officier».

Avant ces deux ouvrages, le consultant international avait écrit un autre ouvrage sur la «Sécurité pour l’émergence du Sénégal». Le Colonel Alioune Diop a de son côté publié en septembre de cette année : «La gouvernance des diversités, enjeux de préventions des conflits en Afrique. L’Armée et les Gendarmes produisent également des romanciers comme Aliou Hanne qui a publié «Ruptures violentes» en 2016. Dans cet ouvrage, l’auteur retrace l’histoire de Massélé qui est un jeune émigré qui perpétue le drame des exils. Laissant une mère souffrante et des sœurs démunies, il part pour l’Europe, convaincu qu’une fois là-bas sa bonne étoile sortirait de sa torpeur pour éclairer sa vie de pénombre. Sa vie bascule quand, une nuit, il rêve d’une femme qu’il rencontre le lendemain dans un restaurant. Un amour se dessine entre Alice et lui. Cependant, une découverte d’Alice renverse tous les pronostics et une alchimie dramatique ensanglante les roses et les rêves de Massélé. C’est aussi le cas du Colonel Jean Dib Ndiaye auteur de «Diokel» qui est un récit d’un amour impossible dans un contexte colonial.

Amadou THIAM  |   L’AS

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