Missions secrètes de Me Alioune Badara Cissé entre les deux tours de la présidentielle de 2012.

LE COUP DE FIL DE LA DISCORDE :
Dits, dédits et non-dits de l’appel historique du président sortant Me Abdoulaye Wade au président élu Macky Sall, le 25 mars 2012 !
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LE «ROUND-UP» naguère proposé par le journal «Le Quotidien», dans sa livraison du 04 octobre 2013, relativement à diverses «versions» narrant les circonstances de l’appel téléphonique du Président Abdoulaye Wade à son challenger victorieux du second tour, Macky Sall, aura le mérite d’avoir cristallisé, sur un seul volet dudit tabloïd, une importante page d’histoire de notre jeune démocratie.
AVEC FORCE témoignages, frisant parfois une ferveur militante bien comprise, des proches du président déchu, Me Abdoulaye Wade, n’en auront pas moins suscité une légitime, mais non moins utile, controverse.
EN EFFET, quand le numéro deux d’alors de l’APR, maitre Alioune Badara Cissé, révèle que «c’est (à lui-même) que Wade s’était adressé, par le canal du ministre de l’Intérieur, Maître Ousmane Ngom, pour féliciter le candidat victorieux Macky Sall», on ne peut manquer d’être perplexe face à la levée de bouclier, déniant ce «privilège» à l’ex-ministre de l’Intérieur, Ousmane Ngom.
D’AUTANT que Me Alioune Badara Cissé, tout en louant «l’humilité» du président sortant, s’était empressé de préciser que si le ministre de l’Intérieur Me Ngom l’avait joint au téléphone, c’est parce que le Président Wade souhaitait «disposer du contact téléphonique du candidat de la coalition « Benno Boko Yaakaar », pour concéder sa défaite et le féliciter». Ce qui ne signifie pas pour autant que c’est Me Ngom qui aura transmis le numéro tant convoité à son mentor, Me Wade.
LEQUEL semble avoir concomitamment confié cette investigation à d’autres proches collaborateurs. Ce que paraît d’ailleurs confirmer Samuel Sarr, qui a révélé que finalement «c’est le fils du président, Karim Wade, qui a demandé que l’on joigne, via le Palais, le préposé au protocole du candidat Macky Sall, Pape Samba Diop». Et que c’est finalement Karim Wade lui-même qui a tendu le téléphone à son père, en lui disant : «C’est Maky».
LE MINISTRE, PORTE-PAROLE du Président Wade, Serigne Mbacké Ndiaye, n’en aura pas moins rendu bonne justice à son mentor, en soulignant fortement la volonté constamment manifestée par celui-ci, d’accepter démocratiquement le verdict des urnes. Surtout lorsque Me Wade l’a appelé, plus tard dans la soirée, alors qu’il était à la permanence du PDS, pour lui enjoindre de rappliquer dare-dare, afin de lui «préparer un communiqué de presse, pour féliciter le nouveau président Macky Sall».
IL NE FAIT donc l’ombre d’aucun doute que Me Wade aura dignement accepté sa défaite. Comme en atteste largement cette confidence de son dernier Premier ministre, Me Souleymane Ndéné Ndiaye, à qui Me Wade a confié : «J’avais promis aux Sénégalais de ne pas faire moins que Diouf, que des faucons du régime socialiste défait voulaient pousser à se maintenir au pouvoir (lors de l’alternance de mars 2000). Mais il m’avait quand même appelé pour me féliciter».
POUR dire qu’il n’existe pas, à notre sens, de contradictions tranchées entre les divers témoignages des proches collaborateurs du Président sortant, qui se sont estimés en devoir de partager avec leurs compatriotes, certes sous des prismes différents, leurs parts de vérité sur un moment crucial et délicat du passage du témoin, entre deux chefs de file de camps politiques rivaux. Et je reste convaincu, parce que les ayant tous relativement pratiqués, qu’ils sont tous animés de la même bonne volonté de rester fidèles à la vérité historique. Loin donc d’être en opposition, ces divers témoignages s’enrichissent mutuellement et s’avèrent plutôt complémentaires.

MAÎTRE ALIOUNE BADARA CISSÉ, L’AGENT RECRUTEUR DE MACKY SALL !

JE VENAIS à peine de me remettre d’une délicate intervention chirurgicale, à l’actif des mains expertes du professeur Magaye Guèye de l’Hôpital général de Grand-Yoff, lorsqu’un ami journaliste, Ibrahima Bakhoum de «Sud-Quotidien», me livra la primeur de la mise en ballotage de Me Wade, par un texto à la fois laconique et effarant : «Gaïndé gui daanuna» (le lion s’est effondré); illustrant, mieux que mille discours, la terrible déconvenue du chef de notre coalition, maître Abdoulaye Wade.
C’EST sur ces entrefaites que Pape Meïssa Thiaw, le coordonnateur, à Thiès, de notre formation politique, le RDS (créé sur les flancs de JAMRA), vint en catastrophe me transmettre un sympathique message verbal de son promotionnaire et ami, Me Alioune Badara Cissé. Affectueusement surnommé « ABC » par ses amis, en référence aux acronymes de ses prénoms et nom, le numéro deux de l’APR, du candidat Macky Sall, souhaitait me faire l’amitié d’une visite.
ELÉGANT et courtois, comme à son habitude, Me Cissé s’est présenté à mon domicile, à la Cité Djily Mbaye, avec son éternel sourire en coin. Sans protocole, j’ouvrais les hostilités : «Que me vaut, cher maître, l’honneur de cette visite ; en pleine campagne du second tour de la Présidentielle, en plus» ? Il répliqua dès la fin de nos «salamalecs» : «Je m’interrogeais de ne pas t’avoir vu ni entendu depuis le début de la campagne. Alors que je me dirigeais vers toi, pour venir aux nouvelles et te transmettre les salutations fraternelles de Macky Sall, Pape Meïssa m’a appris que tu sortais fraichement d’hôpital. Bon rétablissement, My dear friend», m’apostropha-t-il, américanophile dans l’âme !
DISSIMULANT difficilement son enthousiasme, ABC sortit prestement de sa poche un petit bout de papier froissé, et entreprit de m’en livrer le contenu : «les bons résultats du premier tour» du scrutin présidentiel du 26 février 2012. Histoire, sans doute, de prendre le contre-pied d’un membre de notre directoire de campagne qui avait, quelques heures plus tôt, déclenché une vive polémique dans le landerneau politique, après avoir distillé dans les stations Fm, que «Wade pourrait bien passer dès le 1er tour».
ABC se voulut formel : «Wade est certes en tête, avec 34,8%, mais il est talonné par Macky Sall, avec 26%. Ton candidat n’ayant pas obtenu la majorité absolue, le second tour est inévitable. Et ça risque de chauffer, cher ami, avec les probables reports de voix des 12 autres candidats recalés du premier tour !», me lança-t-il tout de go ! Une discussion amicale et passionnée s’en suivi, sur les enjeux de ce second tour, bien que le numéro deux de l’APR m’eût annoncé, dès l’entame de notre entretien, qu’il était au regret de ne pouvoir rester longtemps, car de nombreux visiteurs l’attendaient à son domicile.
J’ÉTAIS conscient que c’était de bonne guerre que des candidats au 2e tour d’une présidentielle aussi capitale saisissent l’opportunité de la «pause» de l’entre-deux-tour pour ratisser le plus largement possible dans l’électorat. Consentant même à aller pêcher des voix dans le camp adverse. Le hasard n’existant dans aucun agenda politique, où tout acte posé est loin d’être fortuit. C’est de bonne guerre !
MAÎTRE CISSÉ parut interloqué de m’entendre aborder la problématique du second tour sous un angle inattendu : par l’évocation du malheureux geste de ce policier qui, poursuivant des manifestants «contre un 3e mandat de Wade», a lancé, en pleine campagne électorale, le vendredi 17 février 2012, une grenade lacrymogène dans la mythique Zawia Seydil Hadji Malick Sy, sise à l’avenue Lamine Guèye angle Assane Ndoye.
DE SURCROÎT, en pleine «Khadara Jumah» (séance de zikr collectif, se tenant les vendredis, à la gloire du Tout-Puissant et en hommage au Messager d’Allah). Il est évident qu’il n’effleurait aucun esprit conséquent la pensée que cette «bévue» eût été sciemment commanditée par un quelconque responsable politique. Mais, elle n’en aura pas moins impacté négativement l’esprit de moult musulmans, à fortiori ceux d’obédience confrérique Tidiane. Qui n’ont pas tardé, d’ailleurs, à travers des déclarations de diverses «daahira», à assimiler à un sacrilège cette agression de la Police dans ce sanctuaire du Tidianisme, qui venait à peine d’étrenner ses 107 ans!
Me ALIOUNE BADARA CISSÉ, qui était toute ouï, sans se départir, fût-ce momentanément, de sa légendaire capacité d’écoute, était loin de s’imaginer qu’un regrettable dérapage verbal de Wade allait, quelques jours plus tard, l’avant-veille du scrutin du second tour, exaspérer les populations du Fouta, et environs.
RAILLERIE de mauvais goût ou maladresse communicationnelle du candidat Wade, sans doute esquinté par l’enchaînement de deux campagnes électorales, si exténuantes? Toujours est-il que le Pape du Sopi a brandi une «menace» à peine voilée de ne pas poursuivre ses chantiers, dans le département de Podor et dans la région de Matam, si le soutien électoral qu’il attendait de ces localités restait mitigé. Ce qui eut l’heur de susciter le courroux de ces redoutables Foutankobés, réputés dépositaires de la science ésotérique des Anciens, les «Almamy».
ILS N’AURONT certainement pas manqué de redoubler d’ardeur, dans l’égrainage de leurs chapelets, pour en découdre mystiquement avec le président sortant, Me Wade !
POUR être né et avoir grandi dans cette concession familiale centenaire, jouxtant la célèbre Zawiya El Hadji Malick Sy de Dakar, et avoir eu l’opportunité, depuis notre tendre enfance, de plusieurs fois capter des récits de hauts faits d’arme de «moukhadam» (initiateurs au wird), j’étais conscient de la prégnance du «baatine» (monde invisible) sur notre éphémère sphère d’ici-bas. Et me fis plus tard à l’idée que ces deux «affronts» combinés, touchant à deux éminentes lignées du Soufisme, ne pouvaient être sans conséquence pour «notre cher candidat», le Président Abdoulaye Wade.
«JE SUIS convaincu de l’imminence de la déroute électorale de Me Wade», dis-je, dépité, à mon ami Me Cissé. «Mais, ma dignité et la haute idée que je me fais modestement de l’éthique politique ne me m’autorisent pas, au moment où « le commandant en chef Wade » a le plus besoin de nous tous, de l’abandonner en plein champ de bataille. Je compte faire partie de ceux qui, parce que convaincus de la pertinence de son bilan, seront les derniers à quitter le navire, qui prend eau de toutes parts. Nous accompagnerons Me Wade, quoiqu’il advienne, jusqu’au terme du processus électoral, pour tomber avec lui, sur le champ d’honneur, les armes à la main».
UN SILENCE pesant prévalu quelques secondes. Me Cissé se leva. Nous échangeâmes nos coordonnées téléphoniques. En l’accompagnant vers son véhicule, je m’autorisais cette taquinerie : «Maître, s’il n’est pas interdit de rêver, est-il envisageable que Macky Sall puisse se désister, au profit de Me Abdoulaye Wade ? Remarque que ce serait une belle image ! Aux antipodes de cette métaphore du «talibé» qui, après avoir fièrement assimilé les leçons de son «Ouztas, ne trouve pas mieux, pour lui témoigner de sa gratitude, que de fracasser son ‘’aluweu’’ (tablette d’apprentissage du Coran, en bois) sur la calvitie de son mentor».
«EFFECTIVEMENT, cher ami, il n’est pas interdit de rêver» se contenta de répliquer, sourire en coin, Me Cissé. Je lui formulais une ultime requête : «Maître, ne verrez-vous pas d’inconvénient à ce que, par loyauté, je restitue au chef de notre coalition, Me Wade, la teneur de notre face-à-face ?». «No problem, brother», me lança cet admirateur de Shakespeare, avant de s’engouffrer dans son bolide.

MACKY SALL, «AMOUREUX» DE WADE !

AUSSITÔT DIT, aussitôt fait, je lançais illico un texto à l’Aide-de-camp du Président Wade, le Commandant Cheikh Bara Cissokho (actuel Vice-Amiral de la Marine nationale). En me faisant alarmant, à souhait : «Commandant, il faut que le Président Wade me reçoive aujourd’hui-même, c’est très urgent !». Sans doute médusé par ce pressant «Sos», le Commandant, dès réception de mon texto, me câbla presqu’aussitôt : «Mbaa Diameuleu ?». En une poignée de seconde, je lui livrais la substance de ma saisine. «Je vous rappelle de suite», m’enjoignit-il, dans une intonation militaire. Et l’Aide de camp de Me Wade, après s’en être certainement référé à son patron, me rappela dans l’heure qui suivit : «Le Président vous attend».
J’AVAIS mis à profit cette heure d’intervalle pour réunir en catastrophe le Bureau exécutif restreint du RDS, afin de partager cette information sensible, avec de proches collaborateurs. Pour ensuite foncer à tombeau ouvert vers le Palais de la République. La Salle d’attente était bondée, les couloirs adjacents grouillaient de monde, en cette phase critique de préparation du second tour de la Présidentielle de 2012. Dès qu’il fut informé de ma présence, le maître des lieux demanda qu’on me fît entrer.
LE PRÉSIDENT WADE m’écouta religieusement, avec le stoïcisme d’un sphinx. Naturellement, je m’évertuais à n’omettre aucun détail. Arrivé au point nodal de mon exposé, là où je disais à Me Cissé que le désistement de Macky Sall aurait le double avantage de rassembler la grande famille libérale et leurs alliés derrière Wade; qui pourrait alors faire victorieusement face au tenant de la 3e marche du podium, Moustapha Niass de l’AFP; afin que Me Wade, vainqueur, puisse disposer de deux années chronos pour terminer quelques chantiers qui lui tenaient à cœur, avant de repasser le relais à son «fils», Macky Sall, qui aura transité par la « station » de la vice-présidence, etc., le Président Wade m’interrompit net. Et hurla dans l’interphone de son bureau : «Madame Sow, (son Assistante en second) amenez-moi la dernière mouture de la nouvelle constitution».
Me WADE la compulsa fiévreusement. Il se figea sur une page. Son regard d’avocat professionnel s’illumina : «Elle est trop alambiquée, ton approche. Il y a plus simple : ne sais-tu pas que notre Charte fondamentale stipule que «si l’un des candidats se retire de la compétition, alors que les résultats du 1e tour ont déjà été validées par le Conseil constitutionnel, l’autre candidat est élu d’office, sans élection ?… Mais ce n’est pas grave», se ravisa-t-il. Puis enchaîna : «Et comment ta proposition sur le désistement de Macky a été accueilli par Me Cissé ?». Je me fis sans complaisance : «Il m’a répondu qu’il n’était pas interdit de rêver» !
DE RETOUR à la maison, je reçus un appel d’un haut responsable libéral, en l’occurrence le regretté professeur Iba Der Thiam, Vice-président de l’Assemblée nationale et Coordonnateur de la CAP 21, une coalition de 64 partis de la majorité présidentielle, m’informant que le directoire de campagne de Me Wade venait de subir un profond «lifting», pour booster nos chances au second tour. Instruction me fut donnée d’en informer l’opinion, avec la précaution qui sied, en ma qualité de porte-parole de la CAP 21. Je dus fournir un effort surhumain pour m’arracher à nouveau de ma convalescence, en dépit de l’avis réprobateur de mon médecin traitant, le professeur Magaye Guèye de l’Hôpital général de Grand-Yoff.
UNE NOUVELLE plateforme de thèmes de campagne avait été effectivement élaborée. Et n’attendait que l’aval de Me Wade, pour la relance de la machine électorale. Il y eut cependant un point d’achoppement, portant sur une vieille revendication des Sénégalais de la Diaspora, mais que le Président Wade était loin de partager. Il s’agissait de la proposition de revoir à la hausse l’âge d’importation des véhicules d’occasion. Le candidat Macky Sall proposait 8 ans, là où le président sortant campait sur « ses » 5 ans. Tout en se justifiant.
À CET ÉGARD, une réunion, difficile, se tint dans le bureau du Président Wade, où je me suis retrouvé «tout petit» aux cotés de ténors de l’arène politique, comme le regretté Me Mbaye Jacques, le professeur Iba Der Thiam, l’avocat à la Cour Me Abdoulaye Babou, le responsable libéral de Mbacké Youssou Dao, des membres du Cabinet présidentiel: Samuel Sarr, Mamour Cissé… Entre autres.
EN DÉPIT des arguments développés par les uns et les autres, le Président maintenait son véto, pour l’importation de véhicules de seconde main âgés de plus de 5 ans. Et se justifia ainsi : «Vous me voyez, moi, pour des raisons électoralistes, être inconséquent avec moi-même, au point de laisser des milliers de «tacots» (sic) envahir massivement notre territoire, corsant les embouteillages, sapant la mobilité urbaine, et surtout anéantissant tous les efforts que nous avons consentis, pour doter notre pays d’infrastructures routières de 3e génération» ?

LE «CAS» MAMOUR CISSÉ (Psd-Jant bi)

APRÈS deux ans de magistère, le Président Macky Sall me reçut en audience, le 23 avril 2014. J’en profitais naturellement pour réitérer une doléance de JAMRA et du RDS : qu’en sa qualité de nouveau chef de l’Etat, qu’il veuille bien prendre l’initiative de renouer les fils du dialogue avec son prédécesseur. Dont la générosité, dans le partage de son savoir et de sa vaste expérience politique, est reconnue sur tout le continent. Et au-delà.
NOTRE face-à-face dura 25 minutes. Au cours desquelles je n’avais de cesse de réaffirmer au Président Macky Sall – devant un témoin oculaire non-négligeable, le docteur Cheikh Kanté (actuel Ministre d’Etat, Envoyé Spécial du Président de la République), «qu’au vu de l’appréciation que Me Wade a porté sur son successeur, lorsqu’il me recevait entre les deux tours, j’étais convaincu que Me Wade portait toujours le Président Macky Sall dans son cœur». Suffisant, pour que ce dernier me fusille d’un regard interrogateur, pour me dire : «Sache, mon cher, que c’est réciproque»!
JE NE SAURAIS terminer sans souligner fortement que le Président Wade aura parfaitement tenu sa promesse de ne «pas faire moins que le Président Diouf», en terme de « fair-play ». Il s’avéra, bien au contraire, qu’il fit plus que Diouf ! Car ce dernier avait attendu le lendemain de sa défaite du 19 mars 2000, pour daigner appeler Me Wade, dans la matinée du 20 mars. Alors que le Président Wade, vaincu, a appelé le Président Sall le même jour de la victoire de son challenger, le 25 mars 2012, dans la soirée, pour reconnaître sportivement sa défaite et féliciter le nouvel élu.
POUR CONCLURE, il ne serait pas superflu de m’appesantir sur le cas du ci-devant directeur de Cabinet de Me Wade, Mamour Cissé, Sg du Psd-Jant bi, éphémère argentier du Président sortant. Il était au cœur du dispositif de Wade. En raison sans doute de l’attachement filiale qui le liait au Pape du Sopi. Lequel nourrissait une estime sans ambages à son égard, et ne manquait pas de saluer, même publiquement, le franc-parler de Mamour, «qui (lui) rappelait sa jeunesse militante», disait-il.
NOUS AVONS récemment, Mamour Cissé et moi, lors d’une rencontre fortuite, largement échangé, entre leaders de partis alliés au défunt régime libéral, sur les dernières heures de pouvoir du Président Wade. Et Dieu sait que Mamour Cissé en connaît de larges rayons, sur les péripéties de l’entre-deux-tours de mars 2012 ! Que nous avons évoquées, tantôt avec gravité, tantôt avec amusement. (Et je sais que lui aussi sait que j’en sais !).
JE SALUE son courage, sa grande capacité de sang-froid et son sens élevé du devoir de réserve. Mamour et moi portions le même regard admiratif, voire compatissant, sur le «Patriarche Wade», l’incompris ! Dont plus de 60 ans d’un riche et élogieux parcours politique, ponctué de combats démocratiques épiques, auront incontestablement apporté une pierre décisive dans la construction de notre jeune démocratie.
À LAQUELLE le regretté Maître Alioune Badara Cissé aura largement contribué. À sa façon. Avec cette touche d’amabilité bien saint-louisienne. Son terroir natal. Qui lui aura forgé cette carrure d’homme politique atypique. Aimant relever les défis. Quelle que soit le poids des hautes charges politiques et des responsabilités gouvernementales, qui auront richement jalonné son parcours professionnel et politique, ABC ne se départissait jamais de sa bonne humeur et de son sens de l’humour. De son respect de l’Humain, surtout. Ni de son attachement viscéral aux valeurs de Démocratie et de la Liberté d’expression.
« Des valeurs universelles non négociables », comme il aimait dire.

UN HOMME QUI FORCE LE RESPECT!
LE SÉNÉGAL perd un négociateur hors-pair. Un Grand Médiateur de la République. Ne l’oublions pas dans nos prières. Que son âme repose en paix. Que la Porte de Janatul Firdaws lui soit grande ouverte.
(MMG JAMRA)

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