Le Pastef, parti du président de la République Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko, a obtenu la majorité à l’Assemblée nationale d’après des résultats provisoires. La presse locale évoque un « raz de marée ».
Sans surprise, le Pastef a transformé l’essai. Huit mois après avoir remporté l’élection présidentielle,Bassirou Diomaye Faye disposerait enfin d’une majorité à ses couleurs à l’Assemblée nationale, d’après les résultats provisoires du dépouillement.
Dès dimanche soir, le porte-parole du parti présidentiel a déclaré à la télévision qu’il rendait « hommage au peuple sénégalais pour la large victoire qu’il a donné au Pastef », affirmant être en possession de « 90 à 95 % des résultats. »
« Pas de place pour la violence »
Après avoir appelé ses partisans à la violence la semaine dernière, le Premier ministre Ousmane Sonko avait cette fois appelé au calme lors de son vote dans son fief de Ziguinchor en Casamance, dans le sud du pays. « En démocratie, il n’y a pas de place pour la violence », a-t-il lancé face aux caméras. Force est de constater que le chef du Pastef a été écouté, et la journée de vote s’est déroulée sans incident majeur.
Au lycée de Ouakam, un quartier de Dakar, quelques électeurs se pressaient encore dans les salles de classe pour voter quelques minutes avant la clôture du scrutin. « On fait de la politique dans ce pays, beaucoup trop de politique ! Il faut se mettre au travail maintenant », regrettait Elaji, retraité de la fonction publique. Avant de souffler : « J’espère que la majorité du Pastef ne sera pas trop écrasante, sinon ils vont se croire tout permis. »
« Il n’est pas là Bassirou ? » lançait un peu plus loin une petite fille face à des adultes hilares devant la porte d’un bureau de vote. Moins médiatique que son omniprésent Premier ministre, tête de liste du parti présidentiel, le président Bassirou Diomaye Faye avait également invité les Sénégalais à voter « dans le calme et la sérénité », plus tôt dans la journée, en votant dans son village de Ndiaganiao.
« V » de la victoire
Lundi matin, la presse locale titrait déjà sur la victoire du parti présidentiel, saluant un « raz de marée », un « plébiscite » ou encore « une déferlante ». En une du quotidien « Sud », le Premier ministre Ousmane Sonko, qui a offert une nouvelle victoire au Pastef, pose fièrement en faisant avec ses deux mains le « V » de la victoire.
De son son côté, la coalition politique menée par l’ancien président Macky Sall a essuyé une nouvelle défaite, et a dénoncé dans un communiqué publié dimanche soir une « fraude massive organisée par le Pastef. »
Avec cette victoire aux élections législatives, le duo au sommet de l’Etat détient tous les pouvoirs, et devrait faire passer ses réformes économiques sans encombre à l’Assemblée nationale. Charge à eux, désormais, d’appliquer leur programme de « rupture » et d’être à la hauteur de l’espoir populaire qui les a portés au pouvoir au printemps dernier.
Pierre Favennec (Correspondant à Dakar)




