De son vrai nom Tafsir Abdou Marame Cissé est un proche parent et neveu de Serigne Abdoulaye Cissé fondateur de la grande école de Djamal. Lorsque Serigne Abdoulaye Cissé finit d’étudier l’ensemble des sciences Islamiques, il forma une équipe censée devenir la future élite de ce pays avec qui il partit à l’aventure ; Tafsir Abdou Cissé était de cette équipe. Ils ont marché avec de grosses malles de Wanar à Mbacké Kadior en 1868 un an après le décès de son père pour y rencontrer le savant Mame Mor Anta Saly (Père de Serigne Touba). Le pourquoi de cette visite était dû au fait que Mame Mor Anta Saly avait étudié au Saloum, chez le grand érudit Cheikh Ahmadou Bamba Sall avec comme condisciples des savants de la trempe de Thierno Ouréye Tambédou dans le village de Bamba Modou; d’ailleurs serigne Touba son fils porte le nom de ce dernier. Il est parti à la rencontre de Mame Mor Anta Sally à la demande de son oncle Serigne Poro Draméh qui était un condisciple de ce dernier à Bamba Modou dans la cour de Cheikh Ahmadou Bamba Sall. Mame Mor Anta Saly était très heureux de sa venue avec toute sa suite dont Tafsir Abdou Cissé, ils y sont restés de 1868 à 1872. Serigne Abdoulaye Cissé voulut rejoindre la capitale Saint Louis pour approfondir ses connaissances après les quatre ans passés aux côtés de Mame Mor Anta Saly.
L’on raconte même qu’au moment de partir Mame Mor Anta Saly remit un de ses fils en l’occurrence Mame Cheikh Anta Mbacké à Serigne Abdoulaye Cissé Boroom Diaamal pour qu’il l’emmena avec lui. Arrivés à Saint Louis en compagnie de Tafsir Abdou Cissé, c’est là-bas qu’ils ont rencontrés le Maître Seydi Hadji Malick Sy. En ce temps le Maître Seydi Hadji Malick était en train d’étudier auprès du grand savant de Saint Louis Serigne Ahmadou Ndiaye Mabeey. Serigne Abdoulaye Cissé rencontra son cousin le savant El Hadji Elimane Sakho; leurs deux mères étaient des sœurs directes de même ascendance. Serigne Abdoulaye Cissé Boroom Diaamal était le tuteur de Tafsir Abdou Cissé tant dans l’étude des sciences que dans la transmission des bonnes vertus à travers une éducation rigoureuse. Vers 1876 Serigne Abdoulaye Cissé Boroom Djamal se résolut d’aller en Mauritanie pour approfondir sa science. A l’époque le chemin de la Mauritanie était tumultueux à cause des coupeurs de routes et des brigands; c’est ainsi qu’il se résolut à laisser Tafsir Abdou Cissé son neveu, et El Hadji Elimane Sakho son cousin à Saint Louis pour leur confier au Maître Seydi Hadji Malick Sy en qui il avait une confiance aveugle. C’est ainsi qu’il se rendit en Mauritanie pour une durée de 7 ans.
À son retour à Saint Louis, il se résolut à retourner au Saloum en ramenant dans ces bagages Tafsir Abdou Cissé et El Hadji Elimane Sakho. El Hadji Abdoulaye Cissé Boroom Djaamal se résolut d’aller demander conseil à Alaji Thierno Dramé à Hamdalaye qui était son oncle; c’est en cours de route qu’il rencontra les éminents savants Cadi Madiakhaté Kala et Samba Toucouleur Kâ. Il leur confia son désir de ce rendre au Saloum ; ces sommités intellectuelles lui ont déconseillés cela car le Saloum était en proie à une instabilité dû au rappel à Dieu de Maba Diakhou et aux querelles de successions qui y faisaient rage entre Birane Cissé et Saer Maty Bâ. Les savants lui dirent aussi; qu’arrivé au Saloum il serait obliger de choisir un camp au détriment de l’autre et cela fragiliserait sa posture, ils lui demandèrent aussi de rester au Kadior plus précisément dans le village de Chérif Lô. Il accepta et s’y rendit toujours en compagnie de Tafsir Abdou Cissé et de El Hadji Elimane Sakho pour y enseigner les sciences Islamiques. C’est en 1900 que sa mère Sokhna Awa Dramé lui écrivit une lettre pour lui demander de revenir au Saloum, aussitôt dit aussitôt fait; il plia bagage et voulut retourner au Saloum. Boroom Djaamal Serigne Abdoulaye Cissé était plus âgé que le Maître Seydi Hadji Malick mais il lui vouait un respect si grand qu’il lui demanda son autorisation avant de partir, c’est le Maître qui lui donna le feu vert et lui demanda de laisser Tafsir Abdou Cissé avec lui à Tivaouane ce que Boroom Djaamal accepta séance tenante.
Voilà la raison qui a amené Tafsir Abdou Cissé à rester dans le Kayor. Le Maître Seydi Hadji Malick Sy était le tuteur, professeur et Maître de Tafsir Abdou Cissé depuis sa tendre enfance. Considérant le fait que les colons avaient brûlé l’université de Pire en 1869, c’est dans ce cadre que le Maître Seydi Hadji Malick Sy envoya Tafsir Birane Cissé à Pire pour en quelque sorte ressusciter cette université prestigieuse fondé par Khaly Amar Fall qui a eu à former des savants de la trempe de Abdel Kader Kane et de Thierno Sileymaan Baal. C’était un message que le Maître Seydi Hadji Malick voulait envoyer au gouverneur Pinela Prade pour lui faire comprendre qu’il était trop petit pour anéantir l’université prestigieuse de Pire. Le Maître Seydi Hadji Malick demanda à Tafsir Birane Cissé qui était suffisamment versé en sciences Islamiques d’ouvrir une université à Pire d’y enseigner les sciences et répandre l’Islam et la Tariqa Tijane dans la contrée. Tafsir Birane Cissé est cet érudit même qui a prié pour Blaise Diagne pour qu’il devienne le premier député noir, c’est à la suite de cela que Blaise l’a pris par surprise et lui a construit une mosquée à son insu.
Le gamou de Pire et le Gamou de Tivaouane ont démarrés à la même année ; Lorsque le Maître Seydi Hadji Malick fixa le Gamou qui coïncida avec la naissance du Prophète PSL, Tafsir Abdou Cissé lui a demandé de le laisser célébrer le baptême une semaine après et le Maître accepta volontiers. Officiellement le Gamou de Tivaouane a démarré en 1902 mais d’autres sources affirment que Borom Djamal en personne est venu célébrer le Gamou à Tivaouane aux côtés du Maître Seydi Hadji Malick durant deux années de suite; alors même que Boromm Djamal a quitté le Kayor en 1900; ce qui justifie la thèse selon laquelle le Gamou a commencé avant 1900.
Le Gamou de Pire a été décalé en 1980 suite à la demande du petit fils de Tafsir Abdou Cissé en l’occurrence Serigne Moustapha Cissé ambassadeur pour les raisons de l’OCI (Organisation de la Conférence Islamique) qui devait se tenir au Sénégal.
Tafsir Abdou Cissé a été rappelé à Dieu en 1961, en laissant à la postérité un fils savant dans toutes les sciences Islamiques en l’occurrence Serigne Amadou Cissé Pire. Serigne Amadou Cissé Pire est un pur produit du Maître Seydi Hadji Malick Sy, il est la réincarnation la plus parfaite de l’école du Maître Seydi Hadji Malick Sy.
Un jour alors que Serigne Ahmadou Cissé Pire était au téléphone avec le Maître serigne Babacar Sy, ce dernier entendit une belle voix, le Maître serigne Babacar demanda qui est ce et serigne Ahmad Cissé de répondre que : « C’est la fille de Mor Madiaga Mbaye ; il faut prier pour elle mon Maître » Serigne Babacar de lui dire « Par la grâce de Dieu on l’entendra partout » cette voix en question était celle de la plus grande cantatrice de notre pays en l’occurrence Adja Khaar Mbaye Madiaga, depuis ce jour elle a clôturé toutes ces chansons avec le nom du Maître Serigne Babacar Sy.
Par Alphahim Mayoro




